mardi, janvier 13
Dans un atelier de fabrication de matériel mécanique, à Weifang (Chine), le 27 décembre 2025.

Jeudi 8 janvier, le ministre de l’industrie a convoqué à Pékin tous les poids lourds chinois des batteries, parmi lesquels CATL, BYD et Gotion. Il souhaitait les prévenir que « l’expansion aveugle des capacités, la concurrence par les bas prix et d’autres pratiques non rationnelles perturb[ai]ent l’ordre du marché et affaibliss[ai]ent la soutenabilité du secteur », selon le quotidien China Daily. Quelques mois plus tôt, des réunions similaires se sont tenues avec les fleurons chinois de la fibre synthétique, du panneau solaire, du ciment, de l’équipement médical, de l’élevage de porc, tous sommés de freiner leurs capacités. Le message est clair : Pékin guette désormais le moindre excès parmi ses champions industriels.

Jusqu’en 2024, le gouvernement refusait de reconnaître que la machine industrielle était manifestement surdimensionnée, considérant le terme de « surcapacités » comme une interprétation occidentale malveillante, dans un contexte de tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Il préfère toujours employer officiellement le mot « neijuan », qui peut se traduire par « involution », c’est‑à‑dire un mouvement de repli lié à une concurrence interne excessive qui tire les prix et les profits vers le bas. Le terme devrait figurer dans le nouveau plan quinquennal (2026‑2030). Mais le tabou est tombé : la presse étatique parle désormais sans ambages de « surcapacités », le plus souvent pour dénoncer le zèle des gouvernements locaux en matière de subventions et d’investissements, et justifier les mesures correctives du gouvernement central.

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