Ce que contient le nouveau paquet de sanctions proposé par l’UE contre Moscou
L’Union européenne a proposé, vendredi, un nouveau « paquet » de sanctions contre la Russie – le 20e depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 − avec l’objectif de « réduire encore davantage les revenus énergétiques de la Russie » et de « compliquer la recherche d’acheteurs pour son pétrole », selon la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Moscou n’acceptera d’ouvrir des négociations de paix sérieuses « que si elle y est contrainte », a affirmé Mme von der Leyen en présentant ces nouvelles sanctions. « La Russie continue de répondre à la diplomatie par des missiles. Nous sommes déterminés à rendre ce choix douloureusement coûteux », a renchéri sur X la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
Transport maritime. Visant principalement le secteur pétrolier russe, dont les revenus financent une grande partie de l’effort de guerre du Kremlin en Ukraine, quelque 43 navires soupçonnés d’appartenir à la flotte fantôme russe de pétroliers ont été ajoutés à la liste des navires déjà sous sanctions. Cette liste en comprend désormais 640, selon Mme von der Leyen.
Cette flotte fantôme est utilisée par la Russie pour contourner les sanctions occidentales. Et celles-ci ont de l’effet, assure la Commission européenne. « Les sanctions portent un grave préjudice à l’économie russe. Et chacune d’elles réduit sa capacité à faire la guerre », a assuré Mme Kallas.
Les sanctions européennes comprennent aussi une interdiction des services maritimes (maintenance, remorquage, etc.) aux navires transportant du pétrole russe. « Cela entravera sévèrement leur capacité à fonctionner de manière fluide », a expliqué Mme Kallas.
Secteur financier. La Commission européenne propose de cibler 20 banques régionales russes supplémentaires et de prendre des mesures visant à limiter le recours aux cryptomonnaies, utilisées pour contourner les sanctions déjà existantes dans le secteur bancaire. Le financement de son effort de guerre est « le point faible de la Russie, et nous exerçons une forte pression dessus », a assuré la présidente de la Commission.
Echanges commerciaux. De nouvelles interdictions d’exportation vers la Russie sont également proposées, allant du caoutchouc aux tracteurs en passant par les services de cybersécurité. Des interdictions d’importation, pour une valeur de plus de 570 millions d’euros, concernant des métaux, des produits chimiques et des minéraux critiques, non encore sous sanctions, sont également proposées.
La Commission européenne veut aussi activer son outil anti-coercition – une première – pour interdire l’exportation de toute machine-outil à commande numérique ou de radios vers des pays où il existe un risque élevé que ces produits soient réexportés vers la Russie, a encore indiqué Mme von der Leyen.
Les Vingt-Sept doivent encore donner leur accord avant que ces nouvelles sanctions ne puissent entrer en vigueur, avant le 24 février, comme le souhaite la Commission. Les ambassadeurs des pays de l’UE devraient en discuter dès lundi à Bruxelles, selon des diplomates.



