“Bonjour” et “merci”. Il s’agit des deux seuls mots en français d’un discours de condoléances de trois minutes et quarante-cinq secondes adressé par le président d’Air Canada, Michael Rousseau, aux proches des deux pilotes morts dans la collision d’un appareil de sa compagnie avec un camion sur une piste de l’aéroport de LaGuardia dimanche 22 mars. Or l’un des deux pilotes était un Québécois francophone.
Rappelant qu’Air Canada, soumise à la loi sur les langues officielles, doit assurer une communication active en français et en anglais, les médias sont montés au créneau. “Un PDG indigne de ses fonctions”, titre Le Journal de Montréal. “Irrespectueux”, juge le président de la firme Headspace Marketing, Eric Blais, dans les pages du journal Le Devoir.
“Cette histoire mérite assurément sa place dans le dossier ‘communication catastrophique’”, estime depuis Toronto le National Post. “Manque total de sensibilité à son environnement”, abonde La Presse. Si le quotidien ne doute pas de l’empathie de Michael Rousseau, il s’indigne du peu de progrès réalisé en français depuis son entrée en fonctions à Air Canada en 2021. La même année, rappelle Radio-Canada, il avait provoqué un tollé en déclarant “qu’il avait été capable de vivre à Montréal sans parler français pendant quatorze ans”. Jusqu’au New York Times, qui remarque que l’absence de français dans le discours du PDG “a relancé la controverse sur l’inclusion linguistique au Canada”.
‘‘Manque de jugement’’
La classe politique et la population sont également outrées. À Ottawa, note le Globe and Mail, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a déclaré que l’allocution “a manqué de jugement et de compassion”. Le comité parlementaire des langues officielles a convoqué M. Rousseau pour l’entendre à ce sujet. La chaîne CBC signale que plusieurs politiciens québécois, dont le Premier ministre François Legault, réclament sa démission. Le Commissariat aux langues officielles du Canada indique avoir reçu près de 800 plaintes du public, observe Le Journal de Montréal.
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