samedi, janvier 17

« Al-chaâb yourid la Coupe d’Afrique ! », « Le peuple veut la Coupe d’Afrique ! » Sous le ciel gris de Salé, en banlieue de Rabat, les nuages menaçants ne font pas le poids face à la ferveur qui monte. Ce cri de ralliement, entonné à chaque match des Lions de l’Atlas dans cette CAN 2025, traduit l’immense impatience des supporters marocains à la veille de la finale contre le Sénégal.

Même la pluie qui menace n’entame pas l’enthousiasme des jeunes de Salé pour le football. À la veille de la grande finale, une quinzaine d’entre eux se sont rassemblés pour un match sur l’un des terrains municipaux. Les maillots sont disparates : Arsenal, Real Madrid, Barça mais aussi le FUS Rabat. Beaucoup de flocages Ronaldo dans le dos. Et tous sont confiants pour le match des Lions de l’Atlas le lendemain.

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« Le Sénégal ne nous impressionne pas. On a dominé le Nigeria en demies. On ne les a même pas vus. Ce n’est pas le Sénégal qui va nous faire peur », raille Moad. « Ça fait 22 ans que le Maroc n’a pas été en finale. La CAN est dans notre pays et maintenant on va la gagner », insiste Ali, maillot de l’Inter Milan sur les épaules.

« Brahim Diaz, c’est le Messi du Maroc »

Ces jeunes de 16 ans espèrent tous vivre une soirée historique dimanche. Pour eux, l’enjeu est immense : ils n’ont jamais vu le Maroc soulever un trophée, puisque le dernier sacre remonte à 1976, et n’étaient même pas nés lors de la dernière finale, en 2004. S’ils n’ont pas les moyens de vivre la finale dans les tribunes du stade Moulay-Abdellah, ils iront quand même à Rabat, « là où tout se passe », pour suivre le match dans un café ou une fan zone.

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« On a Hakimi, Bounou, Youssef En-Nesyri… On a tous les joueurs pour gagner. On a confiance dans le Maroc », explique Mohamed, qui porte le maillot d’Arsenal et se dit « 100 % confiant ». Son ami Ali, lui, n’a d’yeux que pour Brahim Diaz et ses cinq buts dans la compétition : « C’est le Messi du Maroc ! ». « C’est un joueur magnifique, explique-t-il. C’est sa première CAN et il a un niveau de fou. Il mérite d’être titulaire au Real. C’est un monstre. »

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De l’autre côté du Bouregreg, à Rabat, centre névralgique de la CAN 2025, l’ambiance est plutôt tranquille pour une veille de match. Pas de démonstration exacerbée de patriotisme à grands renforts de drapeaux. Les maillots de l’équipe nationale sont certes un peu plus visibles que d’habitude, mais chacun vit un samedi plus que classique dans la capitale administrative du royaume chérifien. Même le quartier de la Medina n’est pas encore passée en mode finale.

Le Maroc espère que la fête sera totale

Omar, propriétaire d’une boutique de reprographie sur le boulevard Mohammed V, se frotte quand même les mains. Plus le Maroc avançait dans la compétition, plus les clients se pressaient pour faire floquer leur maillot du nom de leur joueur préféré : Achraf Hakimi et Brahim Diaz évidemment, mais aussi Ayoub El Kaabi, Neil El Aynaoui et même Bounou… « Pour 90 dirhams, je t’écris le nom que tu veux », sourit l’ancien, au milieu du bruit des machines qui enchaînent impressions de posters ou flocages de tuniques rouges.

« Cette CAN est une vraie opportunité pour le Maroc. On est contents que tout se passe bien. L’équipe a très bien joué. On espère que la fête sera totale avec le sacre. Inch’Allah », annonce le reprographiste.

Bonne ambiance entre Sénégalais et Marocains

Un peu plus loin sur le boulevard, près de la gare du centre-ville, l’ambiance est bon enfant. Quelques supporters sénégalais viennent d’arriver, maillot des Lions de la Teranga sur le dos. Ils échangent des plaisanteries avec les Marocains présents.

« Tout se passe super bien entre les supporters », loue Anissa, supportrice marocaine venue de Bordeaux pour la CAN. « On a célébré quand ils ont gagné leur demi-finale contre l’Égypte, et ils ont célébré quand on a gagné contre le Nigeria. »

« Le Sénégal, c’est une équipe qu’on a soutenue tout au long de la CAN. Mais demain c’est demain, et chacun pour soi », sourit-elle.

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