mardi, janvier 27

Dans son édition du 27 janvier, le journal populaire 24 Tchassa aborde de front un sujet pas forcément des plus plaisants : la surcharge des morgues du pays, qui pour la plupart affichent complet et sont obligées de chercher d’autres solutions pour conserver les dépouilles.

Ainsi, dans la morgue de l’hôpital Alexandrovska de Sofia, la plus grande du pays, sont actuellement entreposés 100 corps, alors que sa capacité est de 75 places. Une dizaine de dépouilles devront être transférées dans la semaine vers les cinq chambres froides du cimetière central de la capitale bulgare. Mais celles-ci débordent déjà, et les relations entre les deux institutions deviennent de plus en plus tendues.

À l’été 2024, déjà, le directeur de l’hôpital, le docteur Atanas Ionkov, s’était adressé au parquet général pour tirer la sonnette d’alarme : son établissement ne pouvait plus accueillir de dépouilles supplémentaires ni effectuer d’autopsies médico-légales. Certains jours, le nombre de dépouilles conservées à la morgue de l’hôpital était deux fois supérieur aux capacités.

Des corps que personne ne réclame

Même si plusieurs villes de Bulgarie sont en état d’alerte compte tenu de la progression de la grippe saisonnière, le pays n’enregistre pas pour autant un pic de mortalité. À en croire l’enquête de 24 Tchassa, un ensemble de causes explique cette pression sur les morgues.

Il y a tout d’abord les facteurs techniques : ces installations consomment beaucoup d’électricité, sont vétustes et tombent souvent en panne. Et il n’est parfois pas facile de trouver des techniciens qualifiés pour les réparations. Ensuite, le quotidien de Sofia informe que les corps difficiles à identifier ne sont souvent pas réclamés : il s’agirait essentiellement de migrants morts de froid dans les montagnes bulgares lors de leur périple pour rejoindre l’Europe – surtout des Afghans et des Syriens. La loi bulgare demeure très restrictive en matière d’inhumation, celle-ci ne peut survenir qu’après identification et prise de contact avec les proches du défunt. À cela s’ajoutent les cas des dépouilles de personnes dont les familles n’ont pas les moyens de payer une mise en terre, ou qui vivent dispersées à travers le monde.

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