samedi, janvier 31

En 2025, la France a compté pour la première fois depuis 1945 moins de naissances que de décès, sous l’effet d’une chute de la natalité. Le basculement vers un solde naturel négatif a lieu dix ans plus tôt que ce qui était prévu par les dernières projections de l’Insee datant de… 2021. La population croît encore, du fait du solde migratoire positif, mais, d’après les projections de l’INED [Institut national d’études démographiques] actualisées en 2025, elle pourrait baisser après 2040. La France se dirige vers une attrition démographique qui soulève d’importants défis macroéconomiques et sociétaux.

A court terme, la baisse de la natalité n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Cela fait au fond moins de bouches à nourrir, au moment où le pays doit mobiliser des ressources pour se désendetter, se réarmer et se décarboner. La baisse d’un quart des naissances depuis 2010 va alléger la pression sur nos services publics, à commencer par les écoles.

Mais ne nous y trompons pas : moins de naissances aujourd’hui, c’est moins de bras demain. Or la production de richesses dépend de la quantité de travail, c’est-à-dire du nombre total d’heures travaillées. Cette circonstance est d’autant plus cruciale que le vieillissement de la population induit une hausse de la demande de services (santé, soins personnels…) intensifs en main-d’œuvre, au moment précis où celle-ci se trouve progressivement amputée par le départ à la retraite des générations aujourd’hui les plus nombreuses.

Lire aussi l’entretien (2025) | Article réservé à nos abonnés « Le vieillissement de la population est ce qui risque de faire exploser notre système »

Avec la part des plus de 65 ans qui devrait passer de 22 % en 2025 à 29 % en 2070, la dépense publique s’alourdirait de 4 points de PIB d’après la Cour des comptes, du fait des dépenses de retraites et de maladie, et ce malgré les économies induites par la baisse des naissances. La pression fiscale et sociale s’exerçant sur les actifs va s’amplifier, à défaut de penser des recettes alternatives.

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