- La guerre au Moyen-Orient a provoqué une hausse fulgurante du prix des carburants en France.
- Ce lundi 9 mars, le gazole avait atteint la barre symbolique des 2 euros le litre, un seuil inédit en France depuis 2022.
- Certaines stations ont même joué la surenchère, malgré les contrôles mis en place par le gouvernement.
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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase
Au 11ᵉ jour de la guerre en Iran, les prix des carburants à la pompe ont nettement augmenté en France. Selon les données de 9.413 stations-service transmises quotidiennement au gouvernement, le prix du gazole, carburant le plus consommé dans l’Hexagone, a pris 28 centimes au litre depuis le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines, atteignant le 9 mars la barre symbolique des 2 euros le litre, soit un bond de 16%. Un seuil inédit depuis l’été 2022 après l’attaque russe en Ukraine. Le sans plomb 95-E10, a de son côté pris 11 centimes. Il se vendait au même moment à 1,832 euro le litre en moyenne.
Cette augmentation est « normale compte tenu de la hausse du prix du pétrole »
, selon le ministre de l’Économie Roland Lescure, mais certaines stations « avancent masquées »
, a déploré le ministre du Commerce, Serge Papin, sur TF1, avec des prix indiqués sur leur site internet « à 1,95 euro sur le gazole par exemple, et quand on arrive à la station, c’est 2,10 euros, donc c’est pas normal ».
Voici une liste non exhaustive de celles qui ne jouent pas le jeu.
2,40 euros le litre de gazole sur l’A11
Selon le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr, qui rapporte les prix à la pompe actualisés, de façon générale, ce sont les stations-service situées sur les aires d’autoroutes qui dépassent largement le seuil des 2 euros le litre de gazole. Comme dans l’Ain avec la station Agip sur l’aire de Ceignes de l’A40, dans le sens Annecy-Bourg-en-Bresse (2,269 euros), ou encore la station Eni sur l’aire de Mionnay de l’A46 (2,299 euros). Pour le SP95-E10, seule la station Shell de l’aire de Mionnay (2,166 euros) flambe.
Même chose en Charente-Maritime, sur l’A10, avec les stations Shell (2,280 euros) et Eni (2,294 euros) sur l’aire de Fenioux, et la station Shell (2,299 euros) de l’aire de Saint-Léger. Ou encore dans la Drôme, avec les stations Shell de Montélimar sur l’A7 (2,251 euros) et la station Esso de Saint-Rambert-d’Albon (2,289 euros), toujours sur l’A7. Même constat en Côte-d’Or, avec la station Eni de l’aire des Lochères sur l’A6 sud (2,299 euros). Mais aussi dans l’Eure-et-Loir, avec la station Esso de l’aire des Manoirs-du-Perche sur l’A11, avec un record : 2,404 euros le litre. En outre, plusieurs stations Shell sur l’A10 et l’A11 flirtent avec les 2,28 euros ce mardi 10 mars.
Certaines ne se contentent pas d’augmenter drastiquement le prix du litre de gazole, elles font de même avec l’essence sans plomb 95. Notamment en Isère, à Roussillon, sur l’A7, où une station Shell affiche le gazole à 2,252 euros et fait grimper le SP95-E10 à 2,166 euros. Dans le Maine-et-Loire, la station Esso de l’aire des Portes d’Angers sur l’A11 fait flamber le gazole à 2,509 euros et rehausse le SP95-E10 à 2,289 euros. C’est le cas aussi dans la Manche où la station Shell de l’aire de la Vallée de la Vire, sur l’A84, propose le litre de gazole à 2,278 euros et fait passer la barre des 2 euros au litre de SP95-E10 à 2,089 euros.
Les stations-essence des grandes surfaces alimentaires, réputées moins chères, ne sont pas en reste. Exemple dans l’Aube, où les magasins Leclerc de Lusigny-sur-Barse, de Rosières, de Saint-Parres-aux-Tertres, l’Intermarché de Pont-Sainte-Marie et le Carrefour Market de Troyes font culminer le litre de gazole à 2,219 euros. Ou dans les Alpes-Maritimes, l’Intermarché de Blausasc affiche un litre de gazole à 2,210 euros, et celui de Châteaumeillant dans le Cher, 2,219 euros. Tandis que dans les Côtes-d’Armor, la station U de Quintin dépasse la barre des 2,20 euros le litre.
Un record à Paris : 2,60 euros le litre de gazole
En région parisienne, de nombreuses stations font osciller le litre de gazole entre 2,20 et 2,30 euros. Exception dans les Hauts-de-Seine où le litre de gazole grimpe à 2,459 euros dans une station Esso de Neuilly ou encore dans l’Essonne où une station Avia sur la RN20 à Avrainville l’affiche à 2,396 euros. Mais la palme revient à Paris. Car même si beaucoup de stations avoisinent les 2,30 euros le litre de gazole, l’une d’entre elles, la station Avia du 7e arrondissement, propose le litre de gazole à 2,60 euros, soit le tarif le plus élevé relevé ce mardi 10 mars à 10h43 par le site du gouvernement.
À noter qu’en Corse, seule une station atteint la barre symbolique des 2 euros le litre de gazole.
La plupart de ces stations-service qui font exploser les prix du gazole font l’objet d’un contrôle dans le cadre du plan mis en place par le gouvernement. Le ministre du Commerce Serge Papin indiquait ce mardi matin qu’environ 6% de celles déjà contrôlées allaient être sanctionnées. Le bilan définitif de l’opération sera rendu public ce mercredi. La porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, Maud Brégeon, a estimé, quant à elle, qu’« il est trop tôt »
pour parler de nouvelles aides à l’achat de carburant.




