mercredi, février 11

  • Les retards de paiement étaient à l’origine d’un quart des défaillances d’entreprises en 2025.
  • Le gouvernement promet de durcir les sanctions, mais parmi les mauvais payeurs figurent parfois aussi… les structures publiques, comme le 20H de TF1 l’a constaté.

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Le 20H

Sur le bureau d’un chef d’entreprise du bâtiment que le 20H de TF1 a rencontré, une montagne de factures, non pas à payer, mais à encaisser. « Sur cette facture, on attend le paiement depuis le 30 novembre 2025. Le montant : 119.833,75 euros », montre Kamel Ledraa à notre caméra, dans le reportage visible en tête de cet article. 

Au total, plus d’un million d’euros de chantiers ne lui ont toujours pas été réglés. Et malgré les relances quotidiennes de chacun des clients. L’entreprise n’a pas d’autre choix que de fonctionner au ralenti.  « Aujourd’hui, s’il n’y a pas de carburant pour faire tourner la machine, la machine tourne au ralenti. Donc aujourd’hui, problématique de cadence sur les chantiers, problématique de délai sur les chantiers, problématique d’approvisionnement… », déplore le patron.

Le gouvernement l’assure : « l’État paye bien et respecte les délais de paiement »

Près de 20.000 entreprises ont dû mettre la clé sous la porte en 2025 à cause des retards de paiement (nouvelle fenêtre). Le gouvernement promet désormais de durcir les sanctions pour les plus grandes entreprises. Au-delà du délai légal de soixante jours maximum, le plafond de l’amende passerait de 2 millions d’euros à 1% du chiffre d’affaires.

Mais parmi les mauvais payeurs figurent parfois aussi des structures publiques. Sur le document d’une société d’intérim où nos journalistes se sont rendus, figurent les dettes de plusieurs hôpitaux. L’un d’eux, dans le Val-de-Marne, a même atteint à lui seul 1,3 million d’euros d’encours, il y a quelques mois. « D’un côté, on n’est pas payé par un organisme d’État, et de l’autre côté, on nous met la pression pour respecter les délais de paiement de toute la taxation que nous, aujourd’hui, on subit au quotidien », fustige Eric Haddad, PDG de l’entreprise. 

Y a-t-il alors un deux poids, deux mesures entre entreprise et administration publique ? Le gouvernement minimise. « L’État montre l’exemple parce que l’État paye bien et respecte les délais de paiement. Il y a quelques cas, qui concernent notamment certains établissements de santé », assure ainsi Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme, au micro de TF1.

En 2024, pourtant, selon le Sénat, près d’un tiers des retards de paiement émanait de collectivités locales ou d’administrations publiques.

La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Matthieu DESMOULINS, Omeya GUESSOUM, Yoann KMEID

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