vendredi, février 6
Julie Rechagneux, à Bordeaux, le 9 juin 2024.

Impeccable Julie Rechagneux. Trente ans, à l’aise, disciplinée, et avec cela une mise parfaite, foulard autour du cou pour rassurer la bourgeoisie bordelaise : une candidate aux élections municipales comme le Rassemblement national (RN) en rêve. A la terrasse d’un café du centre-ville en janvier, elle disserte sur les problématiques locales sans s’épancher sur son rejet de l’immigration : sécurité, surtout, mais aussi défense des automobilistes, promotion du patrimoine gastronomique, réfection des trottoirs ou fin des tarifs sociaux dans les cantines scolaires. Elle vise une qualification pour le second tour en mars, qui compromettrait la reconquête de Bordeaux par la droite.

Julie Rechagneux est l’une des figures qui montent dans un parti qui fait de la place aux jeunes pressés. Unanimement décrite par d’anciens collègues comme intelligente et sérieuse, elle a aussi un parcours jalonné de compagnonnages radicaux qui n’ont pas freiné son ascension interne. Formée au conseil régional de Nouvelle-Aquitaine – comme collaboratrice puis élue –, sous la férule d’Edwige Diaz, elle a intégré un autre lieu de pouvoir au RN : le prestataire de communication e-Politic, repaire de militants néofascistes où elle bénéficie de la confiance de Paul-Alexandre Martin, successeur du militant nationaliste révolutionnaire Frédéric Chatillon. Elle y officie, comme community manager des élus du RN, de 2021 à 2024.

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