lundi, février 9

  • Alors que ce 9 février marque la journée mondiale de l’épilepsie, l’Inserm vient de relayer les résultats de chercheurs français portant sur une thérapie non invasive par rayons X.
  • Cette technique pourrait apporter un nouvel espoir pour des patients souvent à court de solutions.

C’est une des maladies neurologiques les plus courantes après la migraine. Ce lundi 9 février marque la Journée internationale de l’épilepsie (nouvelle fenêtre), l’édition 2026 ayant vocation à mettre l’accent sur les traitements de cette affection encore mal connue. Si une grande majorité des épilepsies sont aujourd’hui traitées avec des solutions médicamenteuses, ces dernières ne sont efficaces que dans 60 à 70 % des cas et un tiers des personnes épileptiques continuent de souffrir de crises incontrôlées. C’est dans ce contexte que des chercheurs et chercheuses de l’Inserm et de l’Université Grenoble Alpes (UGA) ont testé une nouvelle voie thérapeutique, appelée Microbeam Radiation Therapy (MRT), visant à lutter contre ces épilepsies pharmacorésistantes.

Publiés dans la revue Epilepsia (nouvelle fenêtre) en décembre et relayés sur le site de l’Inserm (nouvelle fenêtre) le 5 février à la veille de la journée mondiale, leurs résultats ont montré un effet spectaculaire chez la souris. Plus en détail, ils concluent que l’administration fractionnée de microfaisceaux de rayons X induit pendant deux mois une réduction significative de la survenue des crises chez des animaux traités. « La MRT pourrait représenter une alternative thérapeutique non invasive efficace pour les formes d’épilepsie résistantes aux traitements, mais il faut encore rapprocher cette technique d’un usage clinique », explique Antoine Depaulis, directeur de recherche émérite Inserm.

Une approche explorée depuis une dizaine d’années

Cela fait une dizaine d’années que l’équipe de recherche du Grenoble Institut des neurosciences explore cette nouvelle approche, plus minutieuse que la radiochirurgie stéréotaxique (Gamma Knife) qui est actuellement la thérapie non invasive la plus utilisée contre l’épilepsie, mais efficace que dans 50 % des cas avec des effets secondaires non négligeables.

Concrètement, dans le cadre de la MRT, les chercheurs utilisent un synchrotron, un instrument électromagnétique de grande taille, pour diviser un faisceau de rayons X en microfaisceaux extrêmement fins (50 µm, soit l’épaisseur d’un cheveu). Ces microfaisceaux sont capables de délivrer localement et méticuleusement des doses de rayons X très élevées, permettant de léser uniquement les zones ciblées, tout en épargnant les tissus voisins. 

« Les microfaisceaux à rayons X se sont initialement montrés efficaces pour éliminer des tumeurs, comme l’a été Gamma Knife, la radiochirurgie de référence contre l’épilepsie. Cette dernière s’est montrée efficace contre les cancers, avant de trouver une application pour cibler les foyers épileptiques dans le cerveau. Cette translation nous a paru pertinente, et nos résultats le prouvent », commente Loan Samalens, doctorante et première autrice de l’étude. 

« Les résultats obtenus sont même plus robustes et pertinents que le traitement de référence actuel, Gamma Knife. Un effet thérapeutique est obtenu sans induire les effets secondaires majeurs habituellement observés avec les radiothérapies conventionnelles », poursuit-elle.

De premiers résultats précliniques prometteurs

Après ces premiers résultats précliniques prometteurs, l’équipe travaille actuellement pour préciser leurs effets thérapeutiques sur le long terme, et mieux comprendre les mécanismes par lesquels ces microlésions modulent les réseaux neuronaux à l’origine des épilepsies. Cette dernière espère que cette stratégie puisse mener à une application clinique à moyen terme.

À titre de repère, en France, plus de 650.000 personnes souffrent d’épilepsie, dont près de la moitié ont moins de 20 ans. Connue pour ses crises fulgurantes, l’épilepsie constitue en réalité une maladie du cerveau englobant différents symptômes comme des troubles de la cognition, du sommeil, ou du langage. Il existe environ une cinquantaine de maladies épileptiques (ou syndromes épileptiques) qui ont toutes un point commun : une excitation synchronisée et anormale d’un groupe de neurones plus ou moins étendu dans le cerveau.

A. LG

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