- Les Français espèrent briller à Milan-Cortina dans une toute nouvelle discipline olympique : le ski-alpinisme, dérivé du ski de randonnée.
- Numéro 1 mondial depuis trois ans, Thibault Anselmet s’élancera en favori de l’épreuve de sprint masculin ce jeudi 19 février.
- Le JT de TF1 a rencontré ce champion aux multiples facettes dans sa Savoie natale.
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Jeux olympiques et paralympiques
Difficile, pour un sportif de haut niveau, d’évacuer le stress de la compétition, toujours présente dans un coin de la tête. Mais c’est peut-être plus simple pour Thibault Anselmet, numéro un mondial de ski-alpinisme, discipline faisant son apparition aux Jeux olympiques d’hiver 2026 de Milan-Cortina, dont les épreuves débutent ce jeudi 19 février. Parce que ce Savoyard s’entraîne dans la vallée où il a grandi, dont il connaît chaque sentier, au milieu d’une nature qui le fascine depuis le plus jeune âge. Même en préparant ses premiers JO, il n’a pas changé ses habitudes, guettant chamois et bouquetins pour les prendre en photo. Son téléphone contient des centaines de clichés d’animaux croisés au-dessus de Bonneval-sur-Arc (Savoie).
« Les mettre en valeur, ça me rapproche encore plus de la faune qui nous entoure. Cette activité à côté, ça me permet aussi de ralentir et je pense que c’est un bon équilibre »
, confie-t-il, interrogé par TF1 dans le reportage du JT visible en tête de cet article. Il s’agit cependant de rares moments de détente entre des séances d’entraînement très intenses. Vraiment très intenses : « L’hiver, je dois faire, je ne sais pas, autour de 130.000 mètres de dénivelé. Je m’entraîne tous les jours, ça peut être pendant des semaines, autour de 20 heures d’entraînement quotidien. C’est vrai que c’est un sport qui est très difficile. »
Des heures en montagne, quelles que soient les conditions. D’éprouvantes ascensions dans la neige fraîche, pour quelques minutes de descente. Et un immense sentiment de liberté. « En ski de rando, tu peux aller où tu veux, tu as la liberté de choisir ton itinéraire »
, vante le champion, en référence à l’origine de sa discipline, née dans les Alpes et en Scandinavie comme un moyen pratique de se déplacer à travers des montagnes enneigées. Un ski de randonnée en loisir devenu, au fil des années, un sport de compétition consistant en une montée en plusieurs phases, avec des skis équipés de peaux de phoque qu’il faut parfois porter sur le dos, avant une descente rapide et sinueuse, les peaux glissées dans une poche ventrale, jusqu’à l’arrivée.
La « liberté »
évoquée par Thibault Anselmet s’efface sur ces parcours balisés où il s’agit d’être le plus rapide et le plus endurant. Ce qui ne l’empêche pas de dominer sans partage le ski-alpinisme depuis trois ans qu’il en est le numéro un mondial, tout en s’adjugeant les trois derniers gros globes de cristal. Lors de la dernière étape de Coupe du monde avant ces JO, il a remporté l’épreuve de sprint, puis le relais mixte, associé à Emily Harrop, l’autre grande promesse française de cette discipline, du côté féminin. Alors difficile, même pour ce grand modeste, de ne pas afficher ses ambitions juste avant de s’élancer : « Ce serait mentir de dire que je n’y vais pas pour gagner. Parce qu’aujourd’hui, dans la position où je suis, je fais partie des favoris. »
Juste avant de partir pour ces Jeux, le champion s’est offert une dernière promenade dans les petites ruelles escarpées de Bonneval-sur-Arc, son village de 250 habitants, vibrant à chacun de ses exploits. Thibault Anselmet avait alors pris le temps de marquer l’arrêt devant la grande banderole à son effigie déployée dans la bourgade pour afficher son palmarès. « Pour le moment, tous les ans, on a dû la changer, donc je ne vois pas pourquoi on ne la changerait pas encore cette année »
, sourit-il. Une banderole qui serait cette fois ornée d’un titre olympique. Un objectif qui ne semble même pas le stresser.




