
A l’Institut La Boétie, à Paris, le think tank maison de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon s’amuse. « Me voici trotsko-poujadiste parce que je vous rencontre », plaisante-t-il. Samedi 24 janvier, il ouvrait un colloque intitulé « Le néolibéralisme est-il compatible avec les petites entreprises ? », une question purement rhétorique pour un mouvement qui veut « rompre avec le capitalisme », comme le mentionne son programme politique, L’Avenir en commun.
A quinze mois de l’élection de 2027, Jean-Luc Mélenchon, officieusement en piste pour une quatrième candidature, s’est résolument engagé dans une stratégie de présidentialisation. Devant une partie du monde patronal, le leader de LFI s’est attaché à montrer comment les « insoumis » « se préparent à gouverner » et a tenté de tordre le cou à une idée reçue : non, le mouvement n’est pas l’ennemi des chefs d’entreprise. D’ailleurs, il n’a pas l’intention « de nationaliser les coiffeurs, les restaurants, les maçons », a-t-il déminé.
Dans le logiciel économique « insoumis », il y a les bons patrons et les mauvais patrons. Les grandes multinationales et le CAC 40, d’un côté, les PME et les TPE, de l’autre. Seules des organisations patronales de petites structures, comme la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), la Confédération nationale de l’artisanat des métiers et des services, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) et l’Union des entreprises de proximité (U2P), étaient conviées. Pas le Medef, incarnation du « grand capital ».
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