Un nouveau tour de piste. Jean-Luc Mélenchon est officiellement candidat à la prochaine élection présidentielle. Réunis en « intergroupe parlementaire » ce dimanche 3 mai, les cadres de La France insoumise (parlementaires et maires) ont, sans surprise, proposé le nom du fondateur de leur mouvement.
Celui-ci s’est invité dans la foulée sur TF1 pour l’annoncer (voir la vidéo plus bas). « Oui, je suis candidat. C’est le contexte et l’urgence qui ont fixé la décision insoumise », a-t-il déclaré sur le plateau du 20-Heures. Au sein du parti, la question était : « qui est-ce qui est le mieux préparé pour faire face à la situation qui arrive ? », a-t-il expliqué, égrénant le contexte actuel dans le monde : « nous sommes menacés d’une guerre généralisée (…), par un changement spectaculaire du climat (…) et puis nous avons une crise économique et sociale qui s’avance vers nous ».
Présidentielle 2027 : Comment LFI a préparé le terrain avant une nouvelle candidature de Jean-Luc Mélenchon
« Alors, face à tout ça, pour ne pas simplement se contenter de réagir, mais dans chaque crise de tirer une opportunité pour le pays, pour tenir bon, eh bien ça ne s’improvise pas », a fait valoir Jean-Mélenchon, sous-entendant qu’il possédait toute l’expérience requise sans pour autant se citer. Il a aussi estimé que le Rassemblement national était son « adversaire principal », tout en se disant capable de le battre « à plate couture ».
Après 2012 (11 %), 2017 (19 %) et 2022 (22 %), le tribun se lance ainsi dans sa quatrième campagne élyséenne, avec l’espoir de se qualifier pour un second tour qu’il a manqué d’un cheveu lors de ses deux dernières tentatives. Dans les sondages, il est crédité d’environ 10 à 12 % d’intentions de vote, dans le duo de tête à gauche avec Raphaël Glucksmann, mais loin d’une éventuelle qualification pour le duel final.
Selon la règle en vigueur au sein de la formation de gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon doit maintenant récolter 150 000 parrainages citoyens pour valider définitivement son entrée en course. Une formalité : avant la présidentielle de 2022, il avait réuni ces signatures en quatre jours. Ensuite, les insoumis accéléreront.
« Se mettre au travail maintenant »
L’ancien ministre et parlementaire de 74 ans avait confirmé son envie, vendredi 1er mai, en se disant « prêt », avec ses comparses, pour la future échéance. « On est à moins d’un an », a-t-il souligné lors d’échanges avec la presse, en ajoutant : « Vous mettez dedans deux mois d’été où il ne va pas y avoir d’activité politique féroce. Plus, la Coupe du monde de foot. Il faut vraiment se mettre au travail maintenant. »
Jean-Luc Mélenchon n’aura donc trouvé personne pour « faire mieux ». Depuis la présidentielle de 2022, lorsqu’il avait lancé cette injonction à ses troupes le soir de son élimination au premier tour, l’insoumis n’avait cessé de répéter qu’il souhaitait être remplacé.
Si une génération de cadres a bien émergé à ses côtés, aucun d’entre eux n’est arrivé à un statut de présidentiable. D’autant plus que certains ont quitté le mouvement lors des législatives de 2024, après les « purges » de plusieurs cadres, comme Alexis Corbière, François Ruffin ou Clémentine Autain. Les deux derniers sont d’ailleurs candidats à travers la primaire incertaine à gauche.
Force est de constater, aussi, que le fondateur du mouvement, « en retrait mais pas en retraite » après 2022, n’a pas laissé de place à une éventuelle concurrence interne. Il n’a cessé d’intervenir dans le débat public, via ses réseaux sociaux, ses prises de parole, ou son implication dans les différentes campagnes, des européennes aux récentes municipales.
Quels candidats à gauche ?
La question désormais est de savoir si Jean-Luc Mélenchon pourra bénéficier du même vote utile des électeurs de gauche souhaitant que leur famille politique soit représentée au second tour. Ceci, alors que sa cote d’adhésion s’est considérablement dégradée depuis 2022, au fil des polémiques et autres critiques.
Malgré des sondages qui donnent leur leader facilement battu par le Rassemblement national en cas de duel au second tour, les Insoumis comptent quoi qu’il en soit profiter du désordre dans le reste de la gauche, qui bute en grande partie sur la question de la participation, ou non, à une primaire unitaire hors-LFI.
François Ruffin et Marine Tondelier sont candidats dans ce cadre, mais pourraient porter leurs propres couleurs, en solitaire, si ce processus n’aboutissait pas. Le Parti socialiste est quant à lui divisé sur la question, tandis que dans l’espace social-démocrate, résolument opposé à La France insoumise, les noms de l’ancien président François Hollande et de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann reviennent régulièrement. Le match commence.
Eugénie Bastié, figure du « Figaro » et de CNews, rejoint France 2 pour son émission présidentielle
Présidentielle 2027 : Braun-Pivet regrette le caractère « extrêmement masculin » de la campagne dans son camp




