
Quand il était enfant, Antoine (le prénom a été modifié) observait avec curiosité ses parents s’atteler, chaque printemps, à l’immuable rituel de la déclaration d’impôt : « Ils s’installaient dans la cuisine avec un ordinateur et y passaient une bonne partie de leur dimanche après-midi, sous un fatras de fiches de paie, de reçus et de dossiers. » Lui, en voyant parfois leurs grimaces face à cet exercice administratif et citoyen, mesurait quelques-uns des avantages à ne pas être encore adulte.
« C’est à mon tour de payer des impôts maintenant… », dit en souriant ce Parisien de 25 ans, qui a répondu à un appel à témoignages publié sur le site du Monde. Passé par des études d’urbanisme, Antoine a pris son envol financier en août 2025 en devenant chargé de mission dans un ministère. Il gagne « 2 750 euros brut soit 2 250 euros net » par mois, auxquels il faut retrancher 120 euros d’impôt prélevés à la source : « J’ai un peu été surpris par ce taux de prélèvement assez important », concède à voix basse, presque gêné, le jeune homme.
Car s’il se dit « très fier d’enfin payer des impôts et de contribuer par [son] travail à la solidarité nationale », Antoine comprend que ces impôts, « pas faciles à décrypter », puissent crisper d’emblée ceux qui s’en acquittent pour la première fois. Un sentiment que confirmait la Cour des comptes dans un chapitre de son rapport annuel publié au printemps 2025.
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