- Un mois après l’incendie de Crans-Montana, la douleur est toujours aussi vivace chez les victimes et leurs familles.
- Une jeune Suissesse gravement brûlée et le père d’un jeune adolescent décédé témoignent au micro du 20H de TF1.
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Drame à Crans-Montana : des dizaines de morts dans l’incendie d’un bar le soir du Nouvel An
C’était il y a un mois tout juste. Dans la nuit du Nouvel An, un incendie dévastait un bar dans la renommée station suisse de Crans-Montana. Les dernières commémorations, organisées ce week-end, ont été marquées par l’annonce de la mort d’un blessé, portant à 41 décès le terrible bilan du drame. Chez ceux qui n’ont pas succombé, les 115 blessés et les familles des victimes, la douleur demeure vive.
Quelques jours plus tôt, Rose se trouvait encore en soins intensifs. Gravement brûlée aux mains et au visage lors de l’incendie, elle a subi plusieurs greffes de peau à l’hôpital de Liège (Belgique). « Ils m’ont pris de (la peau) de la cuisse droite et ils en ont mis sur mes mains »
, indique la Suissesse au 20H de TF1. « Normalement, je sors lundi, mais il faudra quand même que je change, tous les deux jours je crois, mes bandages »
, poursuit-elle. Au-delà du physique, les blessures sont aussi psychologiques, avec un profond traumatisme. La jeune femme de 18 ans est réveillée toutes les nuits par ses cauchemars. « Les scènes reviennent. On réentend les cris des gens, on revoit les brûlés. Des gens étaient évanouis, des gens à qui on faisait des massages cardiaques. Ce sont des scènes qui restent »
, explique-t-elle. « Après, je ne pense pas que je pourrai vivre normalement »
, déplore-t-elle.
Le cerveau ne comprend pas
Le cerveau ne comprend pas
Christophe, père d’un jeune décédé dans l’incendie
De son côté, Christophe a perdu son fils de 17 ans dans les flammes. Désormais, il fuit la foule, peine à reprendre le travail, revient régulièrement dans la station. « Pour moi, venir ici, c’est très important parce que je me sens proche de lui. C’est là qu’il est parti et il aimait cette station »
, souffle-t-il. Pour le moment, tenter de faire le deuil reste pour lui impossible. « J’ai encore son bol de céréales qui est resté où il était, dans sa chambre. Pour l’instant, je n’ai rien envie de toucher. Ses habits, ses affaires, tout est dans son armoire »
, décrit-il. Pour le parent éploré, ce qu’il s’est passé est « tellement tragique »
que « le cerveau ne comprend pas »
. « Il comprend bien sûr, mais c’est tellement violent que c’est très compliqué »
, lâche-t-il.
Depuis le drame, plusieurs familles se sont rapprochées. Une marche a été organisée à leur initiative, samedi 31 janvier. Pourquoi le bar n’avait-il pas été contrôlé depuis cinq ans ? Pourquoi certaines images de vidéosurveillance de la ville ont été effacées ? Pourquoi le couple de gérants est-il en liberté ? C’est à la justice que ces mêmes familles demandent aujourd’hui des réponses.




