- Luigi Mangione a reconnu vendredi devant une juge fédérale avoir tué le patron du plus gros groupe américain d’assurance santé.
- Un changement de stratégie de défense qui pourrait lui éviter un second procès à New York.
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Il a fini par reconnaître les faits. Luigi Mangione, accusé du meurtre du patron du plus gros groupe américain d’assurance santé (nouvelle fenêtre), a admis vendredi devant une juge fédérale de New York l’avoir tué en 2024. « Le matin du 4 décembre, j’ai tiré sur M. Thompson à Manhattan et il est mort »
, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il savait que ce qu’il faisait était « illégal »
.
Âgé de 28 ans, ce fils d’une famille pourtant aisée (nouvelle fenêtre) de Baltimore est accusé d’avoir tué le directeur général de UnitedHealthcare et père de deux enfants, pour se venger du système d’assurance après des années de douleurs au dos. Devant le tribunal, il a expliqué « avoir souffert pendant des années de douleurs intenses et avoir dû surmonter les difficultés liées au système d’assurance santé »
américain. Il a également admis avoir utilisé une imprimante 3D pour fabriquer une arme à feu.
Changement de stratégie
Mais pourquoi un tel changement de stratégie de défense, pour celui qui plaidait jusqu’à présent non-coupable ? Car Luigi Mangione est poursuivi à la fois devant la justice de New York pour meurtre, mais aussi devant la justice fédérale, cette fois pour harcèlement ayant entraîné la mort. Mais si son procès dans la Grosse Pomme doit débuter le 8 septembre (nouvelle fenêtre), ses avocats tentent de l’empêcher, arguant qu’après son plaider-coupable au niveau fédéral, leur client ne peut être jugé pour les mêmes faits.
Les ressorts de cette nouvelle stratégie ne sont « pas clairs »
, a commenté auprès de l’AFP Carl Tobias, professeur de droit à l’université de Richmond, qui avance que sa peine au niveau fédéral pourrait être « moins sévère
« . Pour Daniel Richman, de l’université Columbia, « ses avocats estiment peut-être que ses conditions de détention seront meilleures »
dans une prison fédérale.
Reste que cette affaire a profondément divisé l’opinion publique (nouvelle fenêtre) américaine, déjà très polarisée. Les conservateurs, emmenés par Donald Trump, réclament qu’un exemple soit fait de lui. Ses partisans, nombreux à assister à ses comparutions, le voient au contraire comme le pourfendeur des entreprises d’assurance santé, auxquelles ils reprochent de privilégier leurs profits au détriment des soins.
Vendredi 14 août, un homme a même crié « L’Amérique aime Luigi »
alors que des proches de Brian Thompson quittaient l’audience. « Un assassinat ne doit pas permettre d’accéder à la célébrité »
, a répliqué le procureur du district sud de New York, Jamie McDonald.



