samedi, janvier 3

  • Que nous réserve 2026 ?
  • Pour le savoir, les plus impatients se sont peut-être déjà offert les services d’une voyante.
  • Mais attention, les arnaques sont nombreuses dans cette profession qui n’est pas encadrée légalement.

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Le 20H

Aujourd’hui, consulter un ou une voyante n’a jamais été aussi facile. Que ce soit dans des cabinets traditionnels, par téléphone, et même désormais sur les réseaux sociaux. Et si certaines promesses sont surprenantes, on peut aussi facilement se faire piéger. À l’image de Marc qui a accepté de témoigner dans le 20H de TF1. Il y a trois ans, sa compagne le quitte. Désespéré, il contacte plusieurs voyantes par téléphone. « Quand ça ne va pas, on se pose des questions et on a besoin de réponses », dit-il dans le reportage ci-dessus. L’une d’elles affirme pouvoir la faire revenir rapidement et réussit à gagner sa confiance. Au départ, elle facture quelques dizaines d’euros, le prix classique pour une séance. 

J’ai perdu un héritage en fait

Marc, qui a fait appel à des voyantes, témoigne dans le 20H de TF1

Mais, très vite, c’est un engrenage. Elle l’appelle tous les jours et lui réclame des sommes de plus en plus importantes. L’interlocutrice promet d’agir sur sa compagne et demande en contrepartie des dizaines de milliers d’euros. « Les premières fois, c’était 20.000 euros. Elle avait vu dans les cartes qu’elle était bipolaire et donc il fallait la guérir. Elle a demandé à nouveau de l’argent : 40.000 euros. Et après, elle me disait qu’il y avait des gens qui tournaient autour, donc il fallait les écarter. Ensuite, elle m’a dit que j’avais des problèmes de santé. Du coup, elle me disait qu’il faut se défaire de ça, qu’il fallait payer aussi pour ça », raconte-t-il. En tout, Marc a payé à cette femme près de 500.000 euros en deux ans. Il apprendra plus tard qu’elle a déjà été condamnée plusieurs fois pour escroquerie. Aujourd’hui, il admet « avoir un peu honte de s’être fait avoir ». « J’ai perdu lourd. J’ai perdu très lourd. J’ai perdu un héritage en fait », déplore-t-il. 

Une profession à réglementer d’urgence

Des signalements pour ce type de pièges, Youcef Sissaoui en reçoit au quotidien. Face à ses dossiers, il égrène : « Là, c’est quelqu’un qui a perdu 120.000 euros, 8.000 euros, 60.000 euros, 3.000 euros, 100.000 euros ». Il a fondé l’Institut des Arts Divinatoires, sorte de garde-fou de cette profession qui n’est pas encadrée légalement. Pour lui, 90% des voyants et médiums sont en réalité des charlatans. Il y a donc urgence à réglementer cette pratique. « On ne peut pas faire croire à quelqu’un qu’il va être guéri d’un cancer, promettre à quelqu’un qu’il va trouver un travail ou de faire revenir sa femme malgré elle », affirme-t-il. Il faut donc protéger les victimes mais également les professionnels qui pratiquent la voyance de bonne foi. 

Dahlia est une voyante traditionnelle. Elle tire les cartes et conseille ses clients. Son tarif : 70 euros la séance. Et pas question pour elle de réclamer plus d’argent. Elle ne vous promet pas de devenir riche ou de faire revenir l’être aimé. « Ça n’a plus de rapport avec la voyance, c’est plutôt de l’occultisme. C’est des travaux, si on fait des rituels ou des choses comme ça. Personnellement, je n’en fais pas parce qu’on ne peut pas trop changer les grandes lignes », avance-t-elle. Et pourtant, sur les réseaux sociaux, on trouve toutes sortes de prophéties qui pourraient vous faire croire le contraire. 

Des dizaines de milliers de personnes s’autoproclament voyants et affichent même des services gratuits, en tout cas à première vue. Car le plus souvent, après quelques clics, il faut payer. Même système sur de nombreuses plateformes de voyance où les consultations sont facturées à la minute. Autrement dit, plus vous restez au téléphone, plus vous payez. De quoi gonfler leur chiffre d’affaires. Chaque année, l’univers de la voyance en France générerait près de 4 milliards d’euros.

Virginie FAUROUX | Reportage TF1 : Laura ADDA et Alexandre GAUDIN

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