GAZA – Le cessez-le-feu dans la bande de Gaza devient de plus en plus précaire. Ce dimanche 19 octobre, l’armée israélienne a dit avoir mené des frappes aériennes dans le sud du territoire palestinien en riposte à des attaques du Hamas contre ses positions, ce qu’a démenti le mouvement.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé une « violation du cessez-le-feu » et ordonné à l’armée d’agir « avec force » contre les cibles « terroristes » à Gaza. Le Hamas a lui réaffirmé son engagement à respecter la trêve.
À Gaza, les bulldozers en action pour retrouver les corps d’otages israéliens
Sous la pression du président américain Donald Trump, le cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre après deux ans de guerre dévastatrice dans la bande de Gaza, déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.
En vertu de la première phase de cet accord, le Hamas a remis le 13 octobre, en échange de près de 2 000 prisonniers palestiniens, 20 otages vivants qu’il retenait dans le territoire palestinien depuis le 7-Octobre et a commencé à rendre les dépouilles de plusieurs autres otages.
Onze morts
« Des terroristes ont tiré des missiles antichars et ouvert le feu sur les forces de Tsahal, qui agissaient pour détruire des infrastructures terroristes dans la zone de Rafah conformément aux conditions de l’accord », a déclaré ce dimanche l’armée israélienne dans un communiqué. « Pour neutraliser la menace », l’armée « a lancé des frappes aériennes et des tirs d’artillerie dans la zone de Rafah », a-t-elle ajouté, qualifiant l’incident de « violation flagrante du cessez-le-feu ».
Un peu plus tard dans la journée, l’armée israélienne a indiqué avoir lancé de nouvelles frappes dans le sud de la bande de Gaza, en riposte selon elle à des attaques du Hamas, démenties par le mouvement.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a lui déclaré que le Hamas paierait « un lourd tribut pour chaque tir visant les soldats israéliens et chaque violation du cessez-le-feu à Gaza », selon un communiqué de son bureau. « Le Hamas apprendra aujourd’hui à la dure que l’armée israélienne est déterminée à protéger ses soldats et à empêcher toute atteinte à leur intégrité », affirme le ministre.
La Défense civile de la bande de Gaza a annoncé que les frappes israéliennes du jour ont tué onze personnes. Mahmoud Bassal, le porte-parole de ce service de secours opérant sous l’autorité du Hamas, a affirmé à l’AFP que six des victimes avaient été tuées dans une frappe sur un « groupe de civils » dans le nord de Gaza.
« Nous n’avons aucune connaissance d’incidents ou d’affrontements ayant lieu dans la région de Rafah », a dit pour sa part la branche armée du Hamas dans un communiqué. « C’est l’occupation sioniste qui continue de violer l’accord », avait indiqué plus tôt Izzat al-Rishq, un membre du bureau politique du Hamas.
Deux nouvelles dépouilles d’otages identifiées
Des responsables israéliens ont immédiatement réagi à l’incident, comme le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, qui a écrit « Guerre ! » sur X.
Peu avant ces incidents, Israël a par ailleurs annoncé ce dimanche avoir identifié les deux dépouilles d’otages remises la veille à Gaza par le Hamas, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu. À ce jour, le nombre de corps rendus à Israël s’élève à 12.
Les autorités israéliennes ont indiqué avoir identifié les dépouilles de l’Israélien Ronen Engel et du Thaïlandais Sonthaya Oakkharasri. Les deux avaient été tués le 7 octobre 2023 et leurs corps avaient été emmenés à Gaza. Ce dimanche, Israël a affirmé de nouveau qu’il ne ferait « aucun compromis » tant que tous les otages décédés qui étaient retenus à Gaza ne seraient pas rapatriés.
Israël conditionne la réouverture du poste-frontière avec l’Égypte de Rafah, crucial pour l’entrée d’aide humanitaire dans le territoire palestinien, à la remise de tous les otages décédés. Le Hamas a jugé lui que la fermeture du point de passage de Rafah, bloquait l’entrée des équipements nécessaires pour rechercher les corps sous les décombres.
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