vendredi, janvier 23
Une capture d’écran d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre des corps dans des sacs mortuaires, devant le centre médico-légal Kahrizak, à Téhéran, le 11 janvier 2026.

Une ONG basée aux Etats-Unis a déclaré vendredi 23 janvier avoir confirmé la mort de 5 002 personnes au cours du mouvement de contestation qui a secoué l’Iran au début du mois, dont une écrasante majorité de manifestants.

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Selon Human Rights Activists News Agency (Hrana), 4 714 des personnes tuées sont des manifestants, 42 des mineurs, 207 des membres des forces de sécurité et 39 des passants. L’organisation ajoute être toujours en train d’enquêter sur 9 787 autres décès possibles.

Le travail de vérification de cette organisation et d’autres est compliqué par la coupure d’Internet imposée par les autorités dans le pays depuis le 8 janvier et toujours largement en vigueur vendredi. Hrana estime par ailleurs qu’au moins 26 852 personnes ont été arrêtées.

L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a, elle, confirmé la mort de 3 428 manifestants, disant cependant craindre que le chiffre réel atteigne les 25 000 morts.

« Martyrs »

Mercredi, les autorités iraniennes ont donné leur premier bilan total, de 3 117 morts. Mais selon le pouvoir, la grande majorité (2 427) sont des « martyrs » – soit des forces de sécurité ou des passants, et non des « émeutiers » comme sont qualifiés les manifestants. En publiant leur propre bilan, les autorités ont « tenté de renforcer la version officielle du gouvernement concernant les meurtres », juge l’organisation Hrana.

La porte-parole de la Maison Blanche avait assuré le 15 janvier que l’Iran avait renoncé à 800 exécutions de manifestants face aux menaces d’intervention formulées par Donald Trump.

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Commentant pour la première fois cette affirmation, le procureur général iranien, Mohammad Movahedi-Azad, l’a jugée « totalement fausse », selon ses déclarations reprises vendredi sur le site Internet de l’agence judiciaire Mizan. « Le président américain, déraisonnable et arrogant, (…) a prétendu avoir empêché l’exécution de 800 personnes en Iran. Cette affirmation est totalement fausse ; ce chiffre n’existe pas et le pouvoir judiciaire n’a pris aucune décision de ce type », a-t-il réagi.

Aucun cas d’exécution de manifestants iraniens n’a été signalé à date, mais les organisations de défense des droits humains ont averti que les manifestants risquaient d’être accusés de crimes passibles de la peine capitale, ce qui pourrait leur valoir la peine de mort.

1 500 condamnés à mort en 2025

L’Iran est le deuxième pays au monde en termes d’exécutions après la Chine. Au moins 1 500 condamnés à mort ont été exécutés en Iran en 2025, selon un décompte d’Ihrana. Selon cette ONG, douze personnes ont été exécutées au cours de la dernière vague de manifestations majeures qui a eu lieu entre 2022 et 2023. Douze autres personnes ont été exécutées pour espionnage au profit d’Israël depuis la guerre entre Israël et l’Iran en juin dernier.

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Des exécutions de personnes sans lien avec les manifestations ont continué en janvier. Hrana a affirmé, jeudi, que 14 prisonniers, accusés de meurtres ou de trafic de drogue, ont ainsi été exécutés cette semaine dans diverses prisons iraniennes.

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Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé vendredi les autorités iraniennes « à mettre fin à leur répression brutale, notamment aux procès sommaires et aux peines disproportionnées ». « J’exige la libération immédiate de toutes les personnes détenues arbitrairement par les autorités iraniennes. Et j’appelle à un moratoire complet sur la peine de mort », a ajouté le responsable onusien, à l’ouverture d’une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme consacrée à la situation dans ce pays.

Le Monde avec AFP

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