lundi, mars 9

  • Près de dix jours après le début du conflit, le régime iranien s’est organisé pour tenir dans la durée.
  • Le pays dispose de tout un panel de moyens, même si le stock de missiles diminue très rapidement.
  • Écoutez l’analyse du colonel Michel Goya, consultant militaire pour TF1-LCI, au JT de 20H.

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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase

Où en est-on une semaine après le début du conflit ? Est-ce que l’Iran peut encore tenir ? 

Oui, d’abord parce que le régime s’est organisé pour tenir, pour résister pendant des mois et des mois, et ensuite parce qu’il s’est organisé pour pouvoir en donner lui aussi pendant des mois et des mois et il dispose de tout un panel de moyens. Les missiles balistiques de croisière, ça diminue très rapidement, parce qu’ils sont détruits, parce qu’ils en consomment, mais ils vont peut-être essayer de conserver une capacité de frappe résiduelle tous les jours. Ils ont par ailleurs d’autres moyens de harcèlement, en menant une sorte de guérilla par drone. Ils disposent par exemple de beaucoup de drones Shahed à longue portée. Ils peuvent en fabriquer et ça peut se lancer d’à peu près partout. Ils peuvent empoisonner toute la vie dans la région et empoisonner un peu la vie dans le Golfe, avec les capacités d’attaque de tous les navires dans le détroit d’Ormuz. 

Il est probable que c’est la planification [américaine] qui a laissé quelques trous dans la raquette et qu’ils renforcent pour s’organiser dans la durée

Colonel Michel Goya, consultant militaire pour TF1

Est-ce que c’est un conflit qui va durer ? Les États-Unis ont-ils sous-estimé l’Iran ? 

Peut-être. C’est la troisième grande guerre que les Américains mènent dans la région, après 1990 et en 2003, et c’est le dispositif le plus léger à être déployé. Et en même temps, c’est le moins diversifié. Même face au Venezuela, ils avaient déployé des moyens différents. Ici, ils ont une bonne force de frappe, incontestablement, mais il n’y a par exemple que deux portes-avions. En 2003, il y avait cinq groupes aéronavals. En 1990, il y en avait six, c’était plus puissant. Au Venezuela, ils ont déployé des groupes amphibies, des portes-hélicoptères… et là, ce n’est pas le cas. Il est donc probable que c’est la planification qui a laissé quelques trous dans la raquette et qu’ils renforcent pour s’organiser, eux aussi, dans la durée. 

On évoquait une possible intervention américaine au sol. Est-elle possible à organiser et pour quelle mission ? 

Elle est très probable, et d’ailleurs au fur et à mesure qu’on avance dans le temps, elle devient de plus en plus probable. Il y a trois options : l’option lourde, c’est une division blindée, une division d’infanterie mécanisée vers Téhéran. Ça, c’est complètement exclu, et de toute façon, il faudrait six mois pour les déployer. 

En revanche, ce qu’il est possible de faire, c’est avec des forces légères, forces spéciales, infanterie légère, aéromobiles, etc. On peut encadrer les mouvements de rébellion. On s’insère, on les conseille, on les encadre, on se coordonne avec les frappes, on les arme, comme les Kurdes et d’autres… Mais ce n’est pas évident, car Donald Trump ne souhaite pas une révolution. 

ATTA KENARE / AFP

La troisième option, la plus probable, c’est de compléter cette campagne de frappes aériennes par des attaques au sol, avec des forces spéciales, légères, hélicoptères, etc., qui vont attaquer les cibles qui ne sont pas accessibles par des frappes aériennes. Ou capturer des lieux ou des individus très sensibles et matériels, et pénétrer, casser et détruire le plus de cibles possibles si vraiment on assiste à un blocage dans les semaines qui viennent. 

La rédaction de TF1info | Interview : Anne-Claire COUDRAY

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