mardi, mars 17

  • Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, nous savons très peu de choses sur ce que pensent vraiment les 93 millions d’Iraniens.
  • Plusieurs centaines d’entre eux sont arrivées ce lundi matin, en train, à la frontière turque.
  • Certains ont accepté de se confier aux envoyés spéciaux de TF1.

Suivez la couverture complète

L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase

Ils arrivent de Téhéran grâce à la seule ligne de train qui relie l’Iran à la Turquie. Les portes s’ouvrent sur la ville de Van, à une centaine de kilomètres de la frontière iranienne. Des familles, des amis arrivent ici le cœur lourd. « C’est trop difficile. Je n’arrive pas à parler. Je suis désolée. J’espère juste un monde meilleur. Des jours meilleurs », lâche dans un souffle une jeune femme, dans le reportage du 20H de TF1 visible ci-dessus. 

Je ne peux pas vous en dire plus parce que je pourrais retourner dans mon pays un jour, et ça pourrait me causer des problèmes

Yasmine

Ce lundi 16 mars, 250 personnes étaient à bord de ce train en provenance d’Iran. Un nombre croissant, comme l’explique l’envoyée spéciale de TF1, Sophie Chevallereau : « Cette ligne entre Téhéran et Van existait déjà avant la guerre, mais les trains n’ont jamais été aussi pleins. Selon le personnel de la gare, il y a deux à trois fois plus de passagers depuis le début du conflit », affirme-t-elle. Ces Iraniens fuient leur pays avec un point de chute. Beaucoup ont une attache en Turquie, un cousin, un oncle, pour les héberger. D’autres ont une double nationalité et se rendent en Europe. 

Yasmine arrive du sud de l’Iran et doit rejoindre l’Allemagne. Elle raconte ce qui se passe dans son pays : « C’est terrifiant d’entendre les bombes tomber sur notre ville. Internet a été totalement coupé. On ne peut plus être connecté au reste du monde », dit-elle. Quant à savoir quelles sont les pressions exercées par le régime envers la population iranienne, elle oppose une fin de non-recevoir. « Je ne peux pas vous en dire plus parce que je pourrais retourner dans mon pays un jour, et ça pourrait me causer des problèmes », assure-t-elle. 

Une population muselée. La peur ne les quitte pas. Aux côtés de Yasmine, sa mère a les traits tirés. « On a voyagé pendant deux ou trois jours et on avait peur d’être touchés par un bombardement durant le trajet et de ne jamais arriver ici », témoigne-t-elle. Un traumatisme partagé par Azalée. « Tout à l’heure, j’étais en train de dormir dans le train. Tout à coup, il y a eu un bruit. Rien d’anormal, mais je me suis réveillée en sursaut en pensant que c’était une bombe », avance-t-elle. 

Des dizaines de taxis et de bus les attendent. Un chauffeur raconte : « La situation en Iran doit être vraiment mauvaise parce que je n’ai jamais vu autant de monde ici que ces derniers jours. » Il sera de retour très vite : un autre train en provenance de Téhéran est attendu dès ce mardi. 

V. F | Reportage TF1 : Sophie CHEVALLEREAU et Alexandra POUPON

Share.
Exit mobile version