Vladimir Poutine se retrouve en difficulté avec ses proches alliés

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Erevan plutôt que Bali. Après avoir dédaigné le sommet du G20 organisé, mi-novembre, en Indonésie, parce qu’il estimait que sa sécurité personnelle n’y serait pas garantie, ou par crainte d’une confrontation avec ses homologues, Vladimir Poutine espérait se donner de l’air sur un terrain plus familier. Accueilli, mercredi 23 novembre, dans la capitale arménienne, le président russe entendait démentir une nouvelle fois le relatif isolement qui est le sien sur la scène internationale et resserrer les liens avec ses alliés et voisins.

Las, cette courte visite aura surtout rappelé la faiblesse de la Russie jusque dans son « étranger proche », selon la formule en usage à Moscou, et la décrépitude de l’alliance régionale qu’elle dirige. La réunion au sommet de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) – alliance qui comprend, outre la Russie et l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan – aura ainsi vu le chef du Kremlin critiqué de toutes parts. Signe d’une tension impossible à masquer, le document final du sommet n’a pas été adopté, du fait du blocage de l’Arménie qui s’estime abandonnée face à son voisin azerbaïdjanais.

Sur le dossier central de l’Ukraine, éludé par M. Poutine dans son propos introductif, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a rappelé la position que partage la quasi-totalité des voisins de la Russie : « Il est temps de chercher ensemble une solution de paix. (…) Nous ne pouvons pas accepter que les peuples frères russe et ukrainien soient séparés pour des décennies ou des siècles par des griefs mutuels. »

« Tremblements internes sérieux »

Croyant venir à la rescousse de son allié, le dirigeant biélorusse, Alexandre Loukachenko, a prévenu : « Si la Russie l’emporte, l’OTSC vivra. Si, Dieu nous en préserve, elle ne gagne pas, l’OTSC cessera d’exister. (…) Si la Russie s’écroule, notre place à tous est sous les décombres. »

Cette sortie maladroite, qui contredit le mythe de l’« opération spéciale », n’en est pas moins révélatrice : l’existence même de l’alliance militaire, formée en 1994, qui regroupe ces six Etats de l’ancienne URSS, est aujourd’hui en question et, avec elle, l’un des leviers d’influence du Kremlin dans ce qu’il considère comme son pré carré. « L’alliance est à un moment de vérité, commente Arkadi Doubnov, spécialiste russe de l’espace postsoviétique. Elle connaît des tremblements internes sérieux, et certains de ses membres sont frustrés et mécontents, au point de se demander ce qui justifie encore son existence. »

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