Un mur entre la Finlande et la Russie sera construit à partir de mars 2023, annonce Helsinki

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Une clôture haute de trois mètres, surmontée de barbelés et longue de 200 kilomètres, au prix de 380 millions d’euros : c’est ce que prévoit de construire la Finlande à sa frontière avec la Russie. Ainsi, le pays nordique souhaite renforcer la sécurité aux frontières, ont expliqué les gardes-frontières finlandais vendredi 18 novembre.

Caméras à vision nocturne, éclairages et haut-parleurs baliseront par ailleurs les zones particulièrement sensibles, selon la présentation lors d’une conférence de presse du chef du projet au sein des gardes-frontières, Ismo Kurki. La construction, divisée en trois phases, débutera en mars 2023 avec la mise en place d’une barrière pilote sur 3 kilomètres au passage frontalier d’Imatra.

En fonction des résultats de cette phase, la deuxième étape vise la construction, à la fin de 2023, de 70 kilomètres supplémentaires de mur dans les zones autour des passages frontaliers. Le gouvernement a déjà ajouté dans son budget une enveloppe supplémentaire comportant 6 millions d’euros pour la phase pilote et 139 millions pour la deuxième.

Enfin, la dernière phase devrait s’achever en 2025 ou en 2026, selon le brigadier général Jari Tolppanen. « C’est l’un des plus grands projets jamais entrepris par les gardes-frontières », a-t-il déclaré aux journalistes.

La guerre en Ukraine a « fondamentalement » changé la donne

Craignant que Moscou n’utilise les migrants pour exercer une pression politique, la Finlande, candidate à l’OTAN, a amendé en juillet sa loi sur les gardes-frontières pour faciliter la construction de barrières plus solides.

Les nouveaux amendements permettent de fermer les passages aux frontières et de réunir les demandeurs d’asile à des points spécifiques en cas de tentative d’entrée à grande échelle en Finlande.

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Bien que la frontière entre la Finlande et la Russie, principalement sécurisée par de légères barrières de bois essentiellement conçues pour empêcher le bétail de se déplacer, ait « bien fonctionné » dans le passé, la guerre en Ukraine a « fondamentalement » changé la donne sécuritaire. « Dans cette situation, nous avons toutes les raisons de reconsidérer notre dispositif », a déclaré M. Tolppanen.

Pour ce dernier, cela signifie que « dans une situation extrême » les gardes-frontières « seront chargés d’empêcher l’entrée en Finlande », une tâche « nouvelle ». Selon lui, les barrières aux frontières sont « indispensables » pour interdire des entrées illégales à grande échelle depuis le territoire russe.

L’Estonie, la Lettonie et la Pologne ont également accru ou prévoient d’accroître la sécurité à leurs frontières avec la Russie. En septembre, des Russes ont afflué en Finlande après l’annonce par le président russe, Vladimir Poutine, de la mobilisation de réservistes pour la guerre en Ukraine. Helsinki a ensuite considérablement restreint l’entrée de citoyens russes sur son territoire.

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Le Monde avec AFP

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