Tobias Billström, chef de la diplomatie suédois : « Nous visons la défaite de la Russie sur le champ de bataille »

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Tobias Billström est le ministre des affaires étrangères du gouvernement suédois dirigé par le premier ministre conservateur Ulf Kristersson, au pouvoir depuis le 18 octobre. Membre du des Modérés (droite), il a été ministre des migrations et de la politique d’asile de 2006 à 2014. La coalition gouvernementale, composée des Modérés, des Chrétiens-démocrates et des Libéraux, est soutenue au Parlement par le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède, avec lesquels les formations de droite ont signé un accord sur le programme politique des quatre prochaines années.

Où en êtes-vous des discussions avec la Turquie sur votre adhésion à l’OTAN ?

Notre intention est de devenir membre de l’OTAN aussi rapidement que possible. Avec la Turquie, la Suède et la Finlande ont signé, au sommet de l’OTAN à Madrid, en juin, un mémorandum qui fixe des conditions sécuritaires. Certaines ont trait à la lutte contre le crime, et je veux signaler quelque chose qui a tendance à être occulté par les demandes turques, nous avons aussi un grand intérêt à ce que la Turquie coopère à la lutte contre la criminalité. Le dialogue entre nos trois pays continue.

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Dans quelle mesure accepterez-vous l’extradition de Kurdes turcs, demandée par Ankara ?

Toutes les conditions posées par le mémorandum doivent être respectées par les trois parties, avant la ratification du Parlement turc. Mais tout doit être fait dans le respect des règles fixées par notre Constitution et des principes de l’Etat de droit. Cela a été signalé très clairement à nos interlocuteurs turcs. Il existe ainsi une convention européenne sur les extraditions, que nous avons signée et que nous devons suivre. Le système judiciaire est indépendant. Le gouvernement ne peut pas interférer.

Concernant le PKK, c’est une organisation considérée comme terroriste par l’Union européenne. Il n’y a donc absolument aucun espace pour cette organisation sur le territoire suédois. Au sujet du PYD et du YPG, ce sont des organisations syriennes identifiées dans le mémorandum, que la Suède et la Finlande s’engagent à ne pas soutenir.

A propos de la guerre en Ukraine, pensez-vous que ce soit le moment pour parler de négociations, comme le fait le président Emmanuel Macron ?

Il n’y a qu’un pays qui peut appeler à des négociations, c’est l’Ukraine. Jusqu’ici, nous pouvons constater que le fait de se lever contre Poutine, contre sa guerre insensée et brutale a été payant pour nous tous, qui avons fourni un soutien politique, militaire et financier. Nous devons viser la défaite de la Russie sur le champ de bataille. Si nous ne le faisons pas, les menaces ne feront que revenir plus tard. Mais nous devons reconnaître quand une guerre doit être gagnée. C’est exactement pour cela que la Suède vient de décider d’un nouveau paquet de soutien pour l’Ukraine, le neuvième, et plus grand à lui seul que les huit précédents.

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