Tensions à Gaza : le Djihad islamique confirme la conclusion d’une trêve avec Israël, 41 Palestiniens tués… le point sur la situation

0
62

Après avoir retenti à Tel-Aviv samedi, les sirènes ont pu être entendues ce dimanche matin à Jérusalem pour la première fois depuis le début de l’escalade armée avec le groupe Djihad islamique. Dans un communiqué, l’organisation dit avoir tiré dimanche matin plusieurs roquettes vers Jérusalem. Malgré ce regain de tensions, le conflit pourrait toutefois aboutir à une solution pacifique, puisque ce dimanche, Israël a accepté la trêve proposée par l’Égypte. Le Djihad islamique a confirmé la conclusion d’une trêve avec Israël. Le Parisien fait le point sur la situation sur la pire confrontation entre l’État hébreu et des groupes armés de Gaza depuis la guerre de onze jours.

A l’initiative de l’Egypte, un accord de trêve trouvé

La médiation proposée par l’Egypte, intermédiaire historique entre Israël et les groupes armés de Gaza, a semble-t-il abouti. Israël a accepté une trêve proposée par l’Égypte, indique ainsi une source de sécurité égyptienne. Le Djihad islamique a dans la foulé confirme la conclusion d’une trêve avec l’Etat hébreu. « Il y a peu de temps, une formule a été trouvée pour l’annonce égyptienne de l’accord de trêve, qui porte notamment sur l’engagement de l’Egypte à oeuvrer en faveur de la libération de deux prisonniers », a affirmé dans un communiqué Mohammed Al-Hindi, chef de la branche politique du Djihad islamique.

Lors d’un discours, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a affirmé travailler « sans relâche » pour ramener le calme. « Nous espérons parvenir à un consensus pour un retour au calme le plus rapidement possible », expliquait déjà une source égyptienne samedi. Sur le terrain, pourtant, les échanges de tirs se sont poursuivis dans la nuit de samedi à dimanche. Israël ne mène « pas actuellement de négociations en vue d’un cessez-le-feu », a même affirmé un porte-parole militaire israélien.

Comment cela a débuté ?

C’est l’arrestation d’un chef du Djihad islamique en Cisjordanie en début de semaine qui a mené à cette nouvelle confrontation. Craignant des représailles, les autorités israéliennes ont affirmé lancer une opération à Gaza, micro-territoire gouverné par le mouvement islamiste Hamas et où le Djihad islamique est bien implanté.

Après les premiers raids, l’organisation classée comme terroriste a accusé l’État hébreu d’avoir « déclenché une guerre ». Pour Yaïr Lapid, c’est une « opération de contre-terrorisme précise contre une menace immédiate », celle du Djihad islamique, « un supplétif de l’Iran » voulant « tuer des Israéliens innocents ».

En représailles, environ 400 projectiles – roquettes et obus de mortiers – ont été lancés ces dernières 24 heures depuis Gaza, d’après un responsable israélien. Les roquettes lancées dimanche matin, comme 97 % des projectiles lancés depuis Gaza, ont été interceptées par le bouclier antimissile israélien, d’après l’armée.

En 2019, la mort d’un commandant du Djihad islamique dans une opération israélienne avait déjà donné lieu à plusieurs jours d’échanges de tirs meurtriers. Il s’agit de la pire confrontation entre l’État hébreu et des organisations armées de Gaza depuis la guerre de onze jours en mai 2021, qui avait fait 260 morts côté palestinien, parmi lesquels des combattants, et 14 morts en Israël, incluant un soldat, d’après les autorités locales.

Quel bilan humain ?

Quarante et une personnes – dont 15 enfants – sont mortes dans la bande de Gaza depuis le début de la flambée de violences, a annoncé dimanche le ministère de la Santé dans l’enclave palestinienne. Le ministère a affirmé que ces victimes avaient été tuées depuis vendredi dans des frappes israéliennes ayant également fait 265 blessés.

Les autorités israéliennes contredisent ce bilan et assurent que plusieurs enfants palestiniens ont été tués samedi soir à Jabalia par un tir de roquette raté du Djihad islamique vers Israël. « Les forces de sécurité israéliennes n’ont pas frappé Jabalia ces dernières heures », a indiqué le bureau du Premier ministre israélien Yaïr Lapid dans un communiqué. Depuis le début de son opération vendredi, Israël assure viser des sites appartenant au Djihad islamique, dont environ 15 combattants ont été tués, selon l’armée israélienne.

Côté israélien, deux personnes ont été légèrement blessées samedi selon des secouristes.

Arrestations et éliminations de membres du Djihad islamique

Depuis vendredi soir, les autorités israéliennes multiplient les opérations ciblées contre des lieux abritant des membres du Djihad islamique. Ainsi, une vingtaine de membres du groupe palestinien ont été arrêtés dans la nuit de samedi à dimanche par les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie occupée, a annoncé l’armée. Les autorités israéliennes avaient annoncé samedi matin avoir déjà procédé à l’arrestation de 19 membres du Djihad islamique.

L’armée israélienne a également annoncé samedi se préparer à « une semaine » de raids sur Gaza, visant selon elle le Djihad islamique dont elle a dit avoir tué 15 combattants. Parmi eux, un commandant en chef, Tayssir Al-Jabari, tué vendredi à Gaza City, et Khaled Mansour, dont le Djihad islamique a confirmé la mort survenue samedi lors d’une frappe sur Rafah. Au total, celle-ci a fait huit morts, selon le ministère de l’Intérieur de Gaza. Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a affirmé que l’opération à Gaza continuerait « aussi longtemps que nécessaire », qualifiant la frappe ayant tué Khaled Mansour de « résultat extraordinaire ».

Samedi soir, Oded Basiok, le chef de la direction des opérations de l’armée de l’État hébreu, a publié un communiqué dans lequel il affirme que « la haute direction de l’aile militaire du Djihad islamique à Gaza a été neutralisée ». « La bataille n’en est qu’à ses débuts », avait affirmé plus tôt Mohammed Al-Hindi, un responsable de ce groupe armé qui tire des roquettes vers le sol israélien.

Gaza, privée de courant

Les hostilités ont déjà privé Gaza, petite langue de terre coincée entre l’Égypte, la Méditerranée et Israël, de son unique centrale électrique. Elle « a cessé (de fonctionner) en raison d’une pénurie » de carburant, a indiqué samedi la compagnie d’électricité. L’État hébreu a bouclé les passages frontaliers ces derniers jours, interrompant de fait les livraisons de diesel.

Le ministère de la Santé de Gaza a déclaré que les prochaines heures seraient « cruciales et difficiles », prévenant qu’il risquait de suspendre des services vitaux dans les 72 heures en raison du manque d’électricité. La coordinatrice des affaires humanitaires de l’ONU dans les Territoires palestiniens, Lynn Hastings, a appelé à permettre l’entrée dans l’enclave de « carburant, nourriture et fournitures médicales ».

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici