Stockholm veut dissuader les demandeurs d’asile de venir en Suède

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Officiellement, les Démocrates de Suède (SD, extrême droite) ne font pas partie du gouvernement. Les conservateurs, les libéraux et les chrétiens-démocrates ne cessent de le répéter. Et pourtant, mardi 24 janvier, quand la ministre de l’immigration, Maria Malmer Stenergard, a donné une conférence de presse pour présenter les nouvelles orientations de la politique migratoire suédoise, elle est venue accompagnée du patron des SD au Parlement, le député Henrik Vinge, chargé de faire la moitié de la présentation.

Parmi les principales mesures, annoncées deux jours avant la réunion des ministres européens de la justice et des affaires intérieures à Stockholm, jeudi 26 et vendredi 27 janvier, le lancement d’une campagne d’information internationale destinée à faire savoir au reste du monde que la Suède a « changé de paradigme » en matière d’asile et d’immigration. Il faut « mettre un terme à l’absurdité » qui, selon la ministre, consiste, « pour l’administration suédoise, à faire la promotion de la Suède à l’étranger comme un pays aux nombreuses allocations, ce qui a contribué à faire venir les gens ici ».

« Changement de paradigme »

Désormais, le royaume scandinave « ne sera pas plus généreux en matière d’asile que ce qui est exigé par le droit européen et les conventions internationales », a commenté Mme Malmer Stenergard. A ses côtés, Henrik Vinge, qui a commencé sa carrière comme chef de la communication des SD avant d’en devenir un des dirigeants, a assuré que, depuis son entrée en fonction le 18 octobre, le gouvernement avait déjà fait beaucoup, notamment pour accélérer les expulsions.

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Mais « pour que ce changement de paradigme fasse une percée, nous devons diffuser plus largement des informations concernant la nouvelle politique migratoire », a expliqué la ministre. D’où la campagne, aux contours plutôt flous, annoncée par le gouvernement à destination des administrations suédoises à l’étranger, des ambassades à Stockholm et des médias non suédois.

En 2015, le Danemark et la Norvège avaient acheté des encarts publicitaires dans des journaux au Liban et en Afghanistan pour dissuader les candidats à l’exil de s’y rendre. En mars 2020, Jimmie Akesson, le chef des SD, s’était rendu à la frontière gréco-turque pour distribuer des tracts, clamant que la Suède était « pleine ».

Selon Mme Malmer Stenegard, nul besoin de recourir à de telles méthodes : « Il ne faut pas sous-estimer le bouche-à-oreille », a-t-elle insisté, arguant que si « 163 000 personnes ont traversé toute l’Europe en 2015 pour rejoindre la petite et froide Suède », c’est parce qu’elles savaient que « les règles étaient plus généreuses ici ». Sur Riks TV, la chaîne de l’extrême droite, Henrik Vinge a précisé que le but de la majorité était de faire de la Suède « le pays le moins attractif d’Europe », pour inciter les demandeurs d’asile et les passeurs « à en choisir un autre ».

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