sans accord, «l’hiver sera très froid en Europe», prévient le conseiller des négociateurs iraniens

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Après seize mois d’intenses négociations, les négociations entre l’Iran, l’UE, la Chine, la Russie, la France, l’Allemagne et, indirectement, avec les États-Unis, arrivent dans leur dernière ligne droite. L’objectif est de faire revivre l’accord nucléaire de 2015, abandonné en 2018 par Donald Trump. Seyed Mohammad Marandi, le principal conseiller de l’équipe des négociateurs iraniens, s’exprime en exclusivité à RFI et France 24.

L’Iran a répondu, il y a dix jours, au texte « final » présenté par l’Union européenne, en posant de nouvelles conditions. Les États-Unis ont finalement donné leur réponse. Pourquoi tout ce retard a-t-il été pris par Washington pour réagir ?

Je pense que les États-Unis ont leurs problèmes internes. Il y a des pressions de la part du régime israélien et de ses partisans aux États-Unis. Le fait que le chef de la diplomatie européenne ait exprimé sa satisfaction, en affirmant que la réponse de l’Iran était raisonnable, je pense que c’est très intéressant pour l’Iran. Les États-Unis regardent les demandes du régime israélien comme une priorité, alors que l’ensemble de l’Union européenne se bat contre la crise énergétique, laquelle va devenir encore pire au cours des prochains mois. Les États-Unis semblent vouloir ignorer cette crise pour faire plaisir aux Israéliens.

Et si la réponse américaine n’était pas positive, que va-t-il se passer ?

Si les États-Unis n’acceptent pas les conditions iraniennes, il n’y aura pas d’accord. Et cela voudra dire un hiver très froid pour l’Europe. Et cela signifiera que l’Iran continuera à toute vitesse son programme nucléaire pacifique.

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a affirmé que l’Iran devait fournir des réponses pour permettre à son agence de fermer les trois dossiers encore ouverts concernant le passé, et qu’il ne pouvait le faire sous la pression des pays membres. Cela va-t-il retarder la conclusion de l’accord ?

Les fausses accusations contre l’Iran sont politisées. Et il le sait parfaitement. L’Iran a plus que coopérer avec l’Agence dans le passé. Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA est dominé par les pays occidentaux. Ce n’est pas un organe technique, mais un organe politique. L’Iran dit vouloir coopérer comme par le passé, mais il faut en finir avec les fausses accusations. Sinon, nous ne pourrons pas avancer vers un accord. Si les États-Unis et leurs alliés continuent de politiser cet organe, il n’y aura pas d’accord. S’ils agissent raisonnablement et techniquement, et qu’ils permettent aux experts techniques d’avoir le dernier mot sur les dossiers, alors il y aura un accord.

Est-ce que cela veut dire qu’un accord peut être repoussé au-delà des élections américaines de novembre ?

Je ne sais pas.

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