Polémique en Italie après l’appel de Dmitri Medvedev à «punir» le gouvernement aux élections

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À un peu plus d’un mois des élections générales en Italie du 25 septembre, l’ex-président russe Dmitri Medvedev a appelé jeudi 18 août les Européens à « punir » leurs gouvernements « stupides ». Semblant soutenir la coalition de droite et d’extrême droite, qui regroupe Forza Italia de Silvio Berlusconi, Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, et la Ligue de Matteo Salvini, ses propos ont suscité la polémique, certains dénonçant une « ingérence ».

L’ombre russe plane effectivement sur la campagne électorale en Italie. Comme en témoigne le message de l’ex-président russe Dimitri Medvedev posté sur Telegram jeudi : « On aimerait voir les citoyens européens non seulement s’indigner contre les actions de leurs gouvernements (…) mais leur demander des comptes et les punir pour leurs stupidités évidentes ».

De quoi indigner tous les leaders des forces centristes et de gauche, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Le Nir.

Pour le secrétaire du Parti démocrate Enrico Letta, « les gens qui seraient les plus heureux dans le monde si [Giorgia] Meloni remportait les élections, ce sont [Vladimir] Poutine, [Donald] Trump, et en Europe [Viktor] Orban », a-t-il dit dans une interview à CNN. Il a aussi demandé à ce que la Ligue dénonce le pacte qu’elle avait signé avec Russie unie, le parti de Vladimir Poutine.

D’autant que, comme le relève le ministre des Affaires étrangères sortant Luigi Di Maio, « les partis italiens devraient réagir à l’unisson, mais (le leader du Mouvement 5 Étoiles et ex-Premier ministre Giuseppe) Conte et (le chef de la Ligue d’extrême droite Matteo) Salvini se taisent », a-t-il ajouté, dénonçant « une ingérence de la Russie dans les élections italiennes ».

Salvini envisageait de se rendre à Moscou après le début de la guerre en Ukraine

Matteo Salvini affirme que les Italiens n’ont besoin « que de leur cerveau pour choisir leur nouveau gouvernement ». Le patron de la Ligue, qui avait envisagé de se rendre à Moscou après le début de l’invasion russe avant de renoncer, s’est défendu : « Je ne vais pas en Russie depuis des années (…) Le Russie n’a pas la moindre influence sur les élections italiennes ».

Giorgia Meloni s’est défilée. Et quant à Silvio Berlusconi, qui a eu du mal à couper les ponts avec Vladimir Poutine, il se contente de rappeler qu’il a « toujours condamné l’invasion russe en Ukraine ».

L’Italie, sous la houlette du Premier ministre sortant Mario Draghi, a jusqu’ici soutenu sans réserves l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe. Rome a fourni des armes et aide humanitaire à Kiev, même si beaucoup critiquent le gouvernement pour sa lenteur à adopter une position. Celle-ci pourrait évoluer si la coalition des droites, plus russophile et donnée favorite dans les sondages, arrivait au pouvoir.

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