Onze ans après Fukushima, le Japon renoue avec les projets de construction de réacteurs nucléaires

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Des déclarations jugées « encourageantes » par la principale confédération patronale japonaise, Keidanren, mais critiquées par le Centre d’information des citoyens sur le nucléaire (CNIC, ONG opposée au nucléaire) car formulées « sans la moindre concertation ». Les réactions n’ont pas tardé après l’annonce, mercredi 24 août par le premier ministre japonais, Fumio Kishida, de la relance de sept réacteurs nucléaires d’ici 2023, d’une réflexion pour prolonger la durée d’utilisation des réacteurs au-delà de soixante ans, et surtout de la possibilité d’en construire de nouveaux.

M. Kishida s’exprimait lors d’une réunion de la Commission pour la transformation verte mise en place en juillet pour réfléchir aux moyens d’atteindre les objectifs environnementaux de la troisième économie mondiale. « Face au risque de pénurie d’électricité, nous devons prendre toutes les mesures nécessaires », a-t-il expliqué. M. Kishida a aussi demandé à la commission de présenter des mesures concrètes d’ici la fin de l’année, notamment pour « mieux faire comprendre au public » l’intérêt du nucléaire.

Le Japon subit de plein fouet la flambée des prix de l’énergie et les tensions consécutives à la guerre en Ukraine sur les approvisionnements en gaz et pétrole. Critiqué pour son usage massif du charbon, il doit aussi remplir ses objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050. Pour cela, il veut porter la part du nucléaire à 20-22 % du bouquet énergétique d’ici à 2030, contre 4 % en 2020.

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L’accent mis sur le nucléaire et la perspective d’une relance de la construction de nouveaux réacteurs constituent une rupture avec la politique suivie depuis le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 qui ont provoqué la fusion de trois des six réacteurs de la centrale Fukushima Dai-ichi, déclenchant la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl. Le gouvernement avait alors arrêté les 54 réacteurs du pays qui généraient 30 % de son électricité. Le premier ministre de l’époque, Naoto Kan (démocrate, aujourd’hui dans l’opposition), avait proposé la « réalisation d’une société fonctionnant sans le nucléaire » en raison de l’incapacité à « assurer pleinement la sécurité ».

Recours

Depuis son retour au pouvoir fin 2012, le Parti libéral-démocrate (PLD) s’efforce de relancer le nucléaire. Cette stratégie passe par des efforts pour minimiser l’impact de la catastrophe de Fukushima, dont la résolution devrait prendre plusieurs décennies. En 2013, le premier ministre de l’époque, Shinzo Abe, a ainsi affirmé que la situation à la centrale sinistrée était « sous contrôle ».

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