nouvel incendie dans un dépôt de munitions russe, un drone abattu en Crimée

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LE POINT SUR LA SITUATION Le Figaro fait le point sur les dernières informations issues de journalistes, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales et d’organisations internationales.

Dépôt russe de munitions en feu, situation toujours tendue en Crimée avec un drone ukrainien abattu à Sébastopol, rencontre en Ukraine entre Erdogan, Zelensky et Guterres, inquiétude autour de la centrale de Zaporijjia… Au 177e jour du conflit, Le Figaro fait le point, ce mardi 16 août, sur les dernières informations issues de la guerre en Ukraine.

Dépôt russe de munitions en feu

Deux villages russes ont été évacués jeudi à cause d’un incendie qui s’est déclaré dans un dépôt de munitions situé près de la frontière avec l’Ukraine, ont annoncé les autorités locales. «Un dépôt de munitions a pris feu près du village de Timonovo», situé à moins de 50 km de la frontière ukrainienne dans la province de Belgorod, a déclaré dans un communiqué le gouverneur de la région, Viatcheslav Gladkov.

«Un dépôt de munitions a pris feu près du village de Timonovo». @STEELMALIKOV / AFP

Aucune victime n’est à déplorer, mais les habitants de Timonovo et du village voisin de Soloti ont été «déplacés à une distance sûre», a-t-il poursuivi, ajoutant que les autorités enquêtaient sur les raisons de ce feu. Sur une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on pouvait voir une énorme boule de feu dégageant une épaisse colonne de fumée noire. Sur une autre, plusieurs explosions en succession rapprochée pouvaient être vues au loin.

Le feu qui s’est déclenché jeudi intervient en pleine épidémie d’explosions touchant des installations militaires russes en Crimée, la Russie reconnaissant dans le dernier incident un acte de «sabotage».

Un drone ukrainien abattu en Crimée

La situation reste tendue aussi en Crimée. Les forces russes ont abattu jeudi soir un drone près de l’aéroport de Sébastopol, plus grande ville de Crimée et siège de la flotte russe en mer Noire, selon les autorités locales. «Selon les données préliminaires, un drone a été abattu près de l’aéroport Belbek par la défense antiaérienne. Il n’y a pas de dégât», a déclaré sur Telegram le gouverneur installé par Moscou en Crimée, Mikhaïl Razvojaïev.

Peu avant, la défense antiaérienne russe avait été activée près de la ville de Kertch, également en Crimée, où se trouve un gigantesque pont raccordant la péninsule à la Russie continentale, construit à grands frais après l’annexion et véritable symbole de la russification de la presqu’île. «Les systèmes de défense antiaérienne ont été activés à Kertch. Il n’y a aucun danger pour la ville ou le pont», a affirmé un responsable régional, Oleg Krioutchkov, cité par les agences de presse russes. Ces systèmes visent à intercepter et détruire des projectiles ou des aéronefs ennemis qui entrent dans leur rayon d’action.

Endommager la centrale de Zaporijjia serait «un suicide», avertit l’ONU

Le secrétaire général de l’ONU a averti jeudi que tout dégât à la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine serait un «suicide», lors d’une rencontre à Lviv avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président turc Recep Tayyip Erdogan. «Nous devons dire les choses telles qu’elles sont: tout dégât potentiel à Zaporijjia serait un suicide», a déclaré Antonio Guterres, appelant une nouvelle fois à «démilitariser» la centrale, occupée par l’armée russe.

Se disant «gravement préoccupé» par la situation dans la plus grande centrale nucléaire d’Europe, Antonio Guterres a appelé à ne pas l’utiliser «pour quelque opération militaire que ce soit». Antonio Guterres poursuit sa visite vendredi à Odessa, port ukrainien crucial pour la reprise des exportations des céréales bloquées par la guerre.

Erdogan s’alarme du danger d’un «nouveau Tchernobyl»

De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé le soutien de la Turquie à l’Ukraine et s’est alarmé du danger d’un «nouveau Tchernobyl», en référence au plus important accident nucléaire civil. «Alors qu’on poursuit nos efforts pour une solution, nous avons été et continuons d’être du côté de nos amis ukrainiens», a affirmé Recep Tayyip Erdogan avant d’ajouter qu’il ne veut pas d’un «nouveau Tchernobyl».

Le président Zelensky a estimé jeudi que la visite à Lviv de Recep Tayyip Erdogan était un «message puissant de soutien» pour son pays. UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SER / REUTERS

Le président Zelensky a estimé jeudi que la visite à Lviv de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan était un «message puissant de soutien» pour son pays. Il a exclu toute négociation de paix avec Moscou sans le retrait préalable des troupes russes du territoire de l’Ukraine. «Des gens qui tuent, violent, frappent nos villes civiles avec des missiles de croisière chaque jour ne peuvent pas vouloir la paix. Ils devraient d’abord quitter notre territoire, ensuite on verra», a déclaré Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse à Lviv, disant «ne pas faire confiance à la Russie».

Nouveaux appareillages de navires de céréales

La rencontre Zelensky-Erdogan-Guterres intervient sur fond de multiplication des tractations pour permettre la reprise des exportations de céréales d’Ukraine, un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux. Recep Tayyip Erdogan, qui se pose en médiateur sur ce sujet, est allé début août en parler en Russie avec le président Vladimir Poutine.

Un premier navire humanitaire affrété par l’ONU, chargé de 23.000 tonnes de blé, a quitté mardi l’Ukraine, en direction de l’Éthiopie. Jeudi, un bâtiment chargé de céréales a appareillé, le 25e depuis la signature de l’accord, ont annoncé les autorités portuaires ukrainiennes. Au total, plus de 600.000 tonnes de produits agricoles ukrainiens ont depuis transité par le corridor céréalier à partir des ports d’Odessa, de Pivdenny et de Tchornomorsk.

Les combats se poursuivent au nord-est

Les combats se poursuivent par ailleurs dans la région de Kharkiv (nord-est), où les Ukrainiens ont accusé les Russes d’avoir bombardé des quartiers d’habitation, y faisant six morts jeudi, après 13 la veille au soir, et des dizaines de blessés au total. «La nuit dernière et ce matin ont été les moments les plus tragiques à Kharkiv depuis le début de la guerre», a déclaré jeudi son maire Igor Terekhov, signalant que vendredi serait une journée de deuil en hommage aux victimes.

Située à une quarantaine de kilomètres de la frontière russe, cette cité, la deuxième plus grande d’Ukraine, est régulièrement pilonnée par les soldats russes, qui n’ont jamais réussi à s’en emparer. Des centaines de civils ont été tués dans cette région, selon les autorités. Dans le sud, une personne est morte et deux autres ont été blessées après une frappe à Mykolaïv, a annoncé son maire, Oleksandr Senkevytch.

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