Midterms aux Etats-Unis : les démocrates new-yorkais accusés d’être responsables de la défaite nationale

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C’est la faute à New York ! Ainsi résonne la petite musique, alors que les républicains semblent en mesure d’emporter la Chambre des représentants d’extrême justesse. Rien n’aurait été possible sans l’un des Etats réputés les plus démocrates, New York. Le camp Biden y a perdu quatre sièges de représentant et pourrait en abandonner un cinquième en cours de comptage au profit des conservateurs. « Les républicains de la Chambre n’auraient pas de majorité sans l’Etat de New York », a déclaré au New York Times la représentante républicaine de New York, Elise Stefanik. « Que dites-vous de cette ironie ? » La plaisanterie n’est pas du goût des démocrates. « Ce fut une nuit terrible à New York », déplorait Howard Wolfson, un des stratèges démocrates. « C’est exaspérant qu’une nuit aussi bonne pour les démocrates dans l’ensemble soit annulée par l’arrogance et l’incompétence ici. »

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In fine, il y aura sans doute quinze sièges démocrates et onze républicains, dans un Etat peuplé de 20 millions d’habitants ayant perdu un siège en raison de son recul démographique. Comment en est-on arrivé là, alors que la vague républicaine s’est cassée net sur la quasi-totalité du territoire américain, à l’exception notoire de la Floride ?

D’abord, le contexte : New York n’est pas que New York City : l’Etat comporte les campagnes du Nord, entre la Pennsylvanie et le lac Ontario, qui sont républicaines. L’Etat avait jusqu’en 2006 un gouverneur républicain, avec George Pataki, et Michael Bloomberg, maire de la ville de 2002 à 2014, fut élu avec une étiquette républicaine pour son premier mandat, avant de passer indépendant.

Et puis chacun avait vu venir le vent mauvais, avec un dernier meeting organisé en panique par Joe Biden, pour soutenir la candidate démocrate au poste de gouverneur, Kathy Hochul, qui donnait le « la » à toute la campagne. Cette femme quasi inconnue avait pris le poste de gouverneur à la suite de la démission d’Andrew Cuomo, à l’été 2021, accusé de harcèlement. Son élection devait être une promenade de santé. Son score final face à un candidat trumpiste, Lee Zeldin, s’est révélé très mauvais, avec moins de 53 % des suffrages. Elle a dû sa résistance au soutien massif de l’électorat afro-américain et caribéen.

La délinquance, préoccupation majeure

Ensuite, la ville et ses banlieues connaissent des difficultés incontestables, et c’est là que les démocrates se sont pris les pieds dans le tapis. La délinquance n’est pas un sentiment : le nombre de meurtres dans la ville, 488 en 2021, a bondi de 67 % par rapport au plus bas, en 2017. Le nombre d’homicides est certes en baisse de 13 % depuis le début de l’année 2022, mais la préoccupation reste majeure, d’autant que les autres crimes (viols, cambriolages, agressions…) ont augmenté de 28 %. Surtout, le métro est le théâtre d’homicides traumatisants, neuf depuis le début de l’année, contre une moyenne de deux par an avant la pandémie de Covid-19.

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