Malgré leurs différends, Paris et Berlin s’efforcent de renouer le dialogue

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Après avoir sérieusement toussoté, le moteur franco-allemand redémarre. En l’espace d’une semaine, pas moins de quatre ministres allemands (transports, affaires étrangères, économie et finances) se sont succédé à Paris, avant que la première ministre française, Elisabeth Borne, ne se rende à son tour à Berlin, vendredi 25 novembre, où elle sera reçue par le chancelier, Olaf Scholz, puis par le vice-chancelier et ministre de l’économie, Robert Habeck. Une visite précédée par celle de la ministre de la culture, Rima Abdul Malak, présente, jeudi, à Berlin pour l’ouverture de la 22e Semaine du film français, aux côtés de son homologue allemande, Claudia Roth.

Un mois après l’annulation du conseil des ministres franco-allemand, prévu le 26 octobre, à Fontainebleau (Seine-et-Marne), et les mots sévères prononcés par Emmanuel Macron à Bruxelles, le 20 octobre – « Il n’est bon ni pour l’Europe ni pour l’Allemagne que [cette dernière] s’isole » –, la volonté de renouer le dialogue est évidente. « Nous sommes sans doute allés trop loin dans l’affichage des dissensions, observe un ministre français. Il était donc urgent de travailler sur nos convergences, surtout après le sommet du G20 [des 15 et 16 novembre, à Bali, en Indonésie] qui nous a rappelé combien il est important d’être unis au niveau européen et donc d’abord entre Français et Allemands. »

Des deux côtés, les marques d’égard sont multiples. A Paris, lundi, la ministre des affaires étrangères allemande, Annalena Baerbock, n’a pas seulement retrouvé son homologue, Catherine Colonna, pour un échange avec des jeunes au lycée Montaigne, mais elle s’est aussi entretenue avec Emmanuel Macron à l’Elysée. Le même jour, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a dîné en tête à tête avec Robert Habeck, avant de l’accompagner, le lendemain, à un rendez-vous avec le président français. Il devait également dîner, jeudi, avec Christian Lindner, le ministre des finances allemand, lui aussi de passage dans la capitale française.

« Liens étroits »

Côté allemand, le souci de dissiper les malentendus est manifeste. Fin septembre, l’Elysée avait fort peu apprécié de ne pas avoir été informé en amont du plan d’aide de 200 milliards d’euros, annoncé par Olaf Scholz, pour faire face à la flambée des prix de l’énergie. Pour solder le différend, l’ambassadeur d’Allemagne en France, Hans-Dieter Lucas, a pris la plume pour assurer, dans les colonnes de Ouest-France, le 19 novembre, que ce plan n’est pas une « tentative déloyale d’avantager l’industrie allemande », contrairement à la lecture qui en a été faite dans plusieurs capitales européennes, dont Paris.

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