Louise Mushikiwabo : « Le sentiment antifrançais, de plus en plus visible en Afrique, est un signe des temps »

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Elue en 2018, Louise Mushikiwabo, ancienne ministre des affaires étrangères du Rwanda (2009-2018), se présente pour un deuxième mandat à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui tient son 18e sommet les samedi 19 et dimanche 20 novembre à Djerba, en Tunisie. Elle est l’unique candidate à sa succession.

En organisant son sommet en Tunisie, un pays dont le président, Kaïs Saïed, est accusé de dérive autoritaire, l’OIF n’envoie-t-elle pas un mauvais signal à la communauté internationale et à ses adhérents ?

Pour moi, le plus important est ce qui vient des Tunisiens eux-mêmes. Si tout le pays s’était révolté contre les propositions du président Kaïs Saïed, on n’aurait pas tenu ce sommet en Tunisie. Mais il me semble que la majorité des Tunisiens se disent aujourd’hui : « OK, on va essayer ce système et on verra. » Le processus de l’OIF pour organiser un sommet dans un pays ne consiste pas à vérifier si tous les éléments démocratiques sont réunis. Et par ailleurs, tout le monde comprend aussi qu’aujourd’hui la démocratie ne va pas bien dans le monde.

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Le Mali, le Burkina Faso et la Guinée, trois pays où il y a eu récemment des coups d’Etat, n’ont pas été invités par l’OIF. Pourtant, les changements politiques qu’ils ont connus ont parfois été salués par les populations, notamment par la jeunesse. Pourquoi ?

Ils ne participeront pas, car selon notre organisation, tout changement anticonstitutionnel appelle une suspension du pays. Mais cette suspension n’est-elle pas une sanction adressée à la mauvaise personne ? C’est une question que je me pose. Il y a une forme d’injustice à punir les populations pour des fautes commises par les politiciens.

Guerre en Ukraine, inflation, dérèglement climatique… Ce sommet se déroule dans un contexte mondial tourmenté. Qu’en attendez-vous ?

« On l’a vu pendant la crise sanitaire, les Etats ne sont plus capables de régler seuls tous leurs problèmes »

Le but de ce sommet n’est pas de régler les problèmes du monde, mais de s’impliquer davantage dans les sujets mondiaux qui préoccupent nos pays. Dans mes relations avec les chefs d’Etat, j’explique pourquoi notre organisation est pertinente et comment elle pourrait contribuer, aux côtés d’autres partenaires multilatéraux, à des changements intéressants. Les Etats ne sont plus capables de régler seuls tous leurs problèmes. On l’a vu pendant la crise sanitaire.

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