L’instabilité politique menace l’économie chancelante du Pakistan

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Le Pakistan a encore désespérément besoin de l’aide du Fonds monétaire international (FMI). Et les craintes qu’Islamabad fasse défaut cette année, suivant le même chemin que le Sri Lanka, semblent de plus en plus fondées. Si le pays a obtenu un accord préliminaire avec le FMI pour le décaissement d’une tranche d’environ 1,2 milliard de dollars (environ 1,2 milliard d’euros), les troubles politiques, et notamment l’agitation menée par l’ancien premier ministre Imran Khan, pourraient mettre en danger cette bouée de sauvetage. L’ancienne star du cricket avait été obligée de quitter le pouvoir après le vote d’une motion de censure le 9 avril.

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Signe de l’urgence : le général Qamar Javed Bajwa, le chef de la très influente armée pakistanaise qui a dirigé le pays pendant plus de la moitié des soixante-quinze dernières années, s’en est directement mêlé. Selon le quotidien économique Nikkei Asia et l’agence américaine Associated Press, il se serait entretenu, à la fin du mois de juillet, avec la numéro deux du département d’Etat américain, Wendy Sherman, afin de demander l’aide de Washington pour pousser le FMI à débloquer le prêt en question le plus rapidement possible.

La requête est pour le moins surprenante au regard de la relation distendue qu’entretient ces dernières années l’armée pakistanaise avec les Etats-Unis, notamment sur la question de l’Afghanistan voisin, tombé aux mains des talibans, le 15 août 2021. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères pakistanais a, de son côté, confirmé, le 29 juillet, que le général Bajwa avait été en contact avec des officiels américains, sans préciser le sujet de l’interaction.

Coalition sous pression

Cet épisode renforce la perception selon laquelle les « gouvernements civils sont perçus comme des subalternes perpétuels de l’establishment sécuritaire, incapables de prendre des décisions indépendantes », regrette le quotidien pakistanais Dawn dans un éditorial paru lundi 1er août. D’autant que la coalition hétérogène du premier ministre, Shehbaz Sharif, subit les pressions constantes de son rival, l’ex-premier ministre déchu. Les rivaux d’Imran Khan étaient parvenus à former une coalition au mois d’avril, notamment grâce à une poignée de députés de son camp ayant fait défection.

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Depuis, l’ex-playboy de 69 ans n’a cessé d’agiter les masses réclamant des élections anticipées. Imran Khan est parvenu à rassembler des foules à travers le pays sur fonds de rhétorique antiaméricaine. M. Khan affirme que sa chute est le résultat d’un complot soutenu par les Etats-Unis. Preuve de l’écho qu’il a dans le pays, le 17 juillet, son parti a remporté 15 des 20 sièges lors d’élections provinciales au Punjab, région la plus peuplée du pays, généralement considérée comme un baromètre politique.

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