Les Français se ruent sur les énergies vertes pour affronter un hiver « qui s’annonce compliqué »

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L’été a beau battre son plein, l’hiver est déjà sur toutes les lèvres dans de nombreux foyers français. Car cette année, plus encore que les autres, l’hiver va être dur. Dans les couloirs des ministères, on commence d’ailleurs à « rire jaune » face au risque d’une crise inédite de l’énergie en partie due à la guerre en Ukraine, rapporte le Parisien .

Alors pour faire face à cet hiver qui « s’annonce compliqué », selon les mots du député Renaissance Marc Ferracci, nombreux sont les Français à avoir pris la décision d’anticiper une future possible hausse des prix de l’énergie, voire une pénurie. Selon Les Échos , les ventes de chaudières à bois, pompes à chaleur et panneaux photovoltaïques ont en effet « explosé » ces dernières semaines.

Une tension inédite

Et les chiffres sont gargantuesques. En seulement un an, « les ventes de chaudières à bois automatiques ont augmenté de 164 % entre le premier trimestre 2021 et le premier trimestre 2022 », note Les Échos. Du côté du photovoltaïque, le syndicat des professionnels de l’énergie solaire, Enerplan, estime « que la demande en autoconsommation a été multipliée par trois entre le 3e trimestre 2021 et le 2e trimestre 2022 ». Quant aux ventes de poêles et d’inserts, « qui restent majoritaires car moins contraignants à installer », elles ont progressé de 36 %.

« La croissance est plus importante sur la chaudière que sur le poêle, car il y a eu une incitation à quitter la chaudière au fioul », explique Marc Labattu, PDG du fabricant Turbofonte, dans les colonnes du quotidien économique.

Et cette dynamique n’est pas près de s’arrêter. En cause : l’interdiction de l’installation de nouvelles chaudières au fioul depuis le 1er juillet dernier et la tension inédite que connaît le secteur des granulés. Car, cette année, les consommateurs achèteraient davantage de ces combustibles pour poêles ou chaudières de peur d’en manquer l’hiver prochain.

Selon Éric Vial, directeur de Propellet, l’association nationale des professionnels du chauffage au granulé de bois, « les distributeurs parlent d’une demande cinq fois plus haute que d’habitude ». À tel point que « certains vendeurs ne prennent plus de nouveaux clients pour le moment », indique le Parisien .

« La profession est organisée »

Pour autant, la filière l’assure : elle sera prête à affronter l’hiver. « La profession est organisée. Tout est mis en place pour que tous les particuliers trouvent des granulés à l’hiver », rassure ainsi Xavier Mahieu, le patron de Brazeco, une entreprise productrice et distributrice de bois énergie, chez nos confrères du Parisien.

Mais pour relever le défi, les consommateurs devront être parcimonieux. « Cette année, il ne faudra pas céder à la tentation. Il n’y aura pas de pénurie si tout le monde joue le jeu », insiste Éric Vial, mettant en avant qu’une baisse de 2 °C « se traduit par une diminution de la consommation de granulés de 14 % sur l’année ».

« La forte demande actuelle est liée [en partie] à l’anticipation de ceux qui se préparent à consommer davantage de granulés pour ne pas utiliser les énergies conventionnelles vu leur coût », analyse de son côté le secrétaire général chez Poujoulat auprès du Parisien.

Victime de son succès, la tonne de granulés, dont le prix est naturellement corrélé à l’augmentation de vente de poêles, est ainsi passée de 300 € l’an dernier à environ 500 € aujourd’hui.

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