Les députés de gauche hors-Nupes reçus à Matignon, mais pas de groupe parlementaire en vue

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Pour parvenir à réunir quinze députés nécessaires à la constitution d’un groupe, il aurait fallu le concours de certains députés Renaissance. Ce à quoi la première ministre s’est opposée.

Plusieurs députés de gauche opposés à l’alliance mélenchoniste Nupes et qui siègent parmi les non-inscrits à l’Assemblée nationale ont été reçus vendredi par Élisabeth Borne qui les a, selon eux, découragés de tenter de constituer un groupe parlementaire.

«Un travail de réflexion était mené depuis le début de la nouvelle législature par des élus de sensibilités de gauche ayant des affinités territoriales, de méthode et de vision pour définir les conditions de la création d’un groupe en soutien à la majorité», a expliqué l’un de ces députés.

Autour notamment des députés Olivier Falorni ou David Habib, tous les deux opposés à l’alliance Nupes (LFI, PS, EELV, PCF), il s’agissait de «poursuivre l’élargissement» de la majorité le «dépassement des clivages».

«La seule différence avec les groupes Démocrate et Horizons (respectivement les troupes MoDem de François Bayrou et celles d’Édouard Philippe, alliées de la majorité, NDLR) était que ce nouveau groupe n’aurait pas été adossé à une structure de parti politique, manifestant ainsi les caractères transpartisan et constructif», a poursuivi la même source.

«Pas assez nombreux»

Mais, pour parvenir à réunir quinze députés nécessaires à la constitution d’un groupe, il aurait fallu le concours de certains parlementaires appartenant à l’aile gauche de Renaissance, le groupe de La République en marche.

Or, lors de leur réunion de vendredi, la première ministre «a fait part de son refus» d’une telle hypothèse, selon l’un des participants, en raison d’un risque de «dislocation du groupe Renaissance» et donc de «fragilisation de la majorité».

L’entourage d’Élisabeth Borne a confirmé auprès de l’AFP la tenue de cet entretien, en expliquant qu’«ils ne sont pas aujourd’hui assez nombreux pour former un groupe».

Les participants se sont dits «surpris» de la position de la cheffe du gouvernement, «ne la comprenant ni stratégiquement, ni politiquement», en considérant que «l’élargissement à gauche est refusé et que la gouvernance restera avec les apports de droite».

L’entourage d’Élisabeth Borne a pour sa part considéré qu’«il est certain que ces députés seraient bienvenus dans la majorité».

L’Assemblée nationale compte aujourd’hui dix groupes parlementaires: Renaissance, Démocrate, Horizons, le Rassemblement national, LFI, LR, EELV, PS, PCF et LIOT (Libertés, indépendants, outre-mer, territoires), qui comprend notamment des élus d’outre-mer, des nationalistes corses et des centristes.

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