Le président Erdogan menace de lancer une opération terrestre dans le nord de la Syrie

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La spirale de violence est enclenchée et, avec elle, sa logique mortifère implacable. Une semaine, jour pour jour, après l’attentat survenu à Istanbul, avenue Istiklal, qui a fait six morts et quatre-vingt-un blessés, les forces aériennes turques ont bombardé en représailles, dimanche 20 novembre, le nord de la Syrie et de l’Irak. Les raids ont entraîné la mort d’une trentaine de personnes dans plusieurs régions sous contrôle des forces kurdes syriennes et du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), accusés par Ankara d’avoir commandité l’attaque sur l’artère stambouliote.

Le lendemain, des tirs de roquettes en provenance de Syrie ont fait trois morts et six blessés dans la ville turque frontalière de Karkamis, selon le gouverneur de la province de Gaziantep. Une annonce aussitôt reprise par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui évoque désormais le possible lancement d’une « opération terrestre » en Syrie. « Il n’est pas question que cela se limite à une opération aérienne. Notre ministère de la défense et notre état-major étudient ensemble le nombre de troupes à engager. Nous en discutons, puis nous prendrons nos décisions en conséquence », a-t-il précisé aux journalistes qui l’accompagnaient à son retour du Qatar.

Le ministre des affaires étrangères, Mevlüt Çavusoglu, a tweeté de son côté un extrait d’une vieille chanson turque, comme pour accentuer le bruit de bottes : « Je peux venir soudainement une nuit. » Des paroles diffusées sur les ondes radiophoniques turques au moment de l’intervention militaire à Chypre, en 1974.

Instauration d’une zone de sécurité

Dans le détail, le ministère de la défense a expliqué dans un communiqué : « L’opération aérienne “Griffe épée” a été menée avec succès dans le cadre de notre stratégie visant à assurer la sécurité des frontières et à éliminer le terrorisme à sa source. » Au total, 89 cibles, sur une distance de plus de 700 kilomètres, comprenant des abris, tunnels, dépôts de munitions, postes de commandement et camps d’entraînement, ont été « détruites », et « beaucoup de terroristes ont été neutralisés », a ajouté le ministère.

Les frappes ont visé plusieurs localités dont la ville syrienne et frontalière de Kobané, symbole de la résistance kurde face à l’organisation Etat islamique (EI). Elles ont également ciblé des positions où les forces du régime de Damas sont déployées, à Rakka, Hassaké et Alep, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

Les actions militaires turques contre les groupes armés kurdes dans le sud-est de la Turquie, le nord de l’Irak et le nord de la Syrie sont fréquentes. Entre 2016 et 2019, Ankara a ainsi mené trois opérations d’envergure dans le Nord syrien, prenant le contrôle d’Afrin et poussant de nombreux civils à fuir. La dernière intervention terrestre remontant à 2020.

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