Le Pérou veut faciliter l’expulsion des migrants vénézuéliens

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En s’attaquant à la modification du décret-loi sur l’immigration et à une révision du code pénal, le gouvernement du président péruvien, Pedro Castillo, entend frapper fort contre l’« insécurité citoyenne », qu’il attribue largement aux « citoyens étrangers ». Il espère ainsi honorer l’une de ses promesses de campagne de 2021, lorsqu’il réservait « soixante-douze heures » pour quitter le Pérou à « ceux qui viennent d’autres pays manquer de respect ».

Le texte, d’une extrême sévérité envers les étrangers, élargit les causes d’expulsion et rallonge de quinze à vingt-cinq ans l’interdiction d’entrée sur le territoire pour les migrants qui commettraient des délits. Parmi les nouveaux motifs d’expulsion : ne pas respecter les mesures sanitaires – ne pas avoir ses vaccins à jour, par exemple, alors que la vaccination n’est pas obligatoire au Pérou –, ne pas être en mesure de présenter ses papiers d’identité, conduire un véhicule de livraison sans autorisation, ou encore porter une arme. Des peines plus lourdes sont également prévues pour « désobéissance » à l’autorité avec un minimum de trois ans d’emprisonnement ; ou pour le refus de se soumettre à une analyse de sang devant déterminer l’ingestion de drogue ou d’alcool.

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Présenté le 15 août, le projet de loi ne se cache pas de viser avant tout les migrants vénézuéliens, au nombre d’environ 1,5 million dans le pays, loin devant les Colombiens (41 000) et les Boliviens (21 000) et dont la moitié serait en situation irrégulière, selon l’administration chargée de l’immigration.

Texte « xénophobe »

Dans un exposé d’une quinzaine de pages, le gouvernement entend relier l’insécurité galopante à la présence des Vénézuéliens, plus massive depuis 2017. L’exécutif souhaite ainsi combattre la criminalité dans le pays, principale préoccupation des Péruviens selon une récente étude de l’Ipsos, juste derrière le problème de la corruption.

Cette analyse est pourtant démentie par tous les récents rapports parus sur l’insécurité. En juin, une étude de l’Organisation internationale pour les migrations et du ministère public indique que les « plaintes contre les réfugiés et les migrants vénézuéliens représentent un pourcentage minime des registres policiers », avec seulement 0,6 % des plaintes pour délits entre 2019 et 2020, à Lima, la capitale. De son côté, un rapport du ministère de la justice datant de mai, sur « La migration et le crime au Pérou », conclut qu’« il serait irresponsable d’établir une relation de causalité entre la hausse de la criminalité et le phénomène migratoire vénézuélien ».

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