le ministère de la justice américain publie un nouveau document

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Le document a été expurgé, mais il offre la description la plus détaillée à ce jour des dossiers confidentiels que Donald Trump n’avait pas rendus après avoir quitté la Maison Blanche. La justice américaine a publié, vendredi 26 août, un document judiciaire de 38 pages exposant les motifs de la récente perquisition de la police fédérale (FBI) au domicile de l’ancien président américain, en Floride.

Sans livrer de révélations explosives en raison des nombreux passages caviardés, cet acte de procédure offre un aperçu de la façon dont Donald Trump conservait des documents potentiellement confidentiels à son domicile de Mar-a-Lago – beaucoup étaient mélangés à divers journaux, magazines et correspondance personnelle. Ils montrent aussi l’inquiétude suscitée par son apparente imprudence chez les autorités.

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184 documents classifiés

Les enquêteurs s’inquiétaient notamment du maintien dans une pièce non sécurisée de documents potentiellement top secrets, voire pouvant mettre en danger des agents des renseignements américains sous couverture.

Le document montre que les investigations ont démarré lorsque l’Agence nationale des archives (NARA) a informé le ministère de la justice, le 9 février 2022, avoir reçu quinze boîtes de documents de la part des équipes de Donald Trump. Certaines contenaient, selon la NARA, « des documents top secrets ».

L’enquête alors ouverte par la police fédérale a permis de confirmer que ces boîtes contenaient 184 documents classifiés, dont vingt-cinq top secrets, et a conduit les enquêteurs à croire que « d’autres documents contenant des informations top secrètes de défense nationale » étaient toujours présents à Mar-a-Lago.

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Or ces archives très sensibles n’avaient « pas été gérées de façon appropriée [et n’étaient pas] stockées dans un endroit approprié », détaille un extrait d’une lettre du ministère de la justice aux avocats de Donald Trump, cité dans le compte rendu publié vendredi. Le 8 août, le FBI avait donc perquisitionné la résidence de Donald Trump, saisissant une trentaine de nouveaux cartons contenant notamment des documents confidentiels.

Protéger des « témoins civils »

Le juge fédéral Bruce Reinhart avait imposé au ministère de la justice de rendre public ce document-clé, censé détailler les raisons qui ont conduit à enquêter sur Donald Trump, citant l’intérêt du public pour la perquisition sans précédent du domicile d’un ancien chef d’Etat américain.

Le magistrat avait accepté la demande du ministère de caviarder d’importantes parties du document – qui auraient, sinon, pu révéler l’identité de certains acteurs du dossier – au nom d’un besoin « impérieux » de protéger les investigations. Vendredi, des responsables du ministère de la justice ont aussi mis en avant la nécessité de « protéger la sécurité et la vie privée d’un nombre important de témoins civils ».

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Les autorités ont attendu jusqu’à la dernière minute. Elles s’étaient opposées à la publication dudit document, arguant qu’elle nécessiterait un caviardage « si important que le reste du texte divulgué serait dépourvu de tout contenu significatif ».

« Chasse aux sorcières », selon Trump

Réagissant à la publication, vendredi, Donald Trump a de nouveau dénoncé sur son réseau Truth Social une « chasse aux sorcières », ainsi qu’un « subterfuge de com », en notant que ces documents judiciaires ne mentionnaient « rien » des potentiels documents relatifs au « nucléaire » évoqués un temps dans la presse américaine. « Nous vivons dans un pays sans foi ni loi », s’est-il indigné.

Lundi, l’ancien président américain avait demandé que soit nommé un expert indépendant pour examiner les documents saisis par le FBI et déterminer lesquels pourraient rester « confidentiels » et n’être ainsi pas utilisés dans les enquêtes. La liste des articles saisis par le FBI à Mar-a-Lago, déjà rendue publique, mentionnait aussi de nombreux documents classés « top secret ». Toute la question est de savoir de quoi traitent ces documents, et les éléments publiés vendredi n’apportent pas de précisions sur ce point.

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Les enquêteurs soupçonnent le républicain d’avoir violé une loi américaine sur l’espionnage qui encadre très strictement la détention de documents confidentiels. Donald Trump a, lui, assuré que ces documents avaient été déclassifiés. Il n’est pour l’instant poursuivi dans aucune affaire.

« Allons bon ! », a réagi un Joe Biden sarcastique vendredi, interrogé sur cet argument de son prédécesseur. « Laissons le ministère de la Justice gérer cela », a dit le président démocrate, refusant de commenter davantage le document révélé vendredi. Sur le départ pour sa résidence familiale du Delaware, Joe Biden a indiqué qu’il emportait des documents classifiés. Mais il a souligné qu’il avait chez lui « un espace complètement sécurisé », et détaillé la procédure : le document « est verrouillé. J’ai quelqu’un avec moi, un militaire. Je le lis, je le verrouille à nouveau, et je le donne au militaire. »

Le Monde avec AP et AFP

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