Le Kazakhstan élit son président, le dirigeant sortant grand favori

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Le Kazakhstan vote dimanche 20 novembre lors d’une élection présidentielle anticipée, qui doit permettre au dirigeant sortant, Kassym-Jomart Tokaïev, de consolider son pouvoir, après une année noire marquée par des émeutes sanglantes et par une impitoyable lutte des clans.

Les bureaux de vote du plus grand pays d’Asie centrale ont ouvert à 2 heures (heures à Paris), pour près de douze millions d’électeurs, et fermeront à 16 heures, tandis que les premiers sondages de sortie des urnes sont attendus vers 18 heures.

Des émeutes sanglantes en janvier

Ex-république soviétique riche en ressources naturelles et située au carrefour d’importantes routes commerciales, le Kazakhstan a plongé dans le chaos en janvier lorsque des manifestations contre la vie chère dégénèrent en émeutes, avant d’être brutalement réprimée, faisant 238 morts. Le pays reste traumatisé par cette crise et, signe que les tensions persistent, les autorités ont annoncé jeudi avoir arrêté sept partisans d’un opposant en exil, accusés de fomenter un « coup d’Etat ».

Couper le cordon avec Nazarbaïev

M. Tokaïev, qui a voté tôt dans la capitale, Astana, devrait sans surprise être reconduit pour les sept prochaines années. Il affronte cinq candidats quasi inconnus. Reste à savoir s’il récoltera plus de 71 % des voix, comme en 2019, un score sans appel, mais bien loin des 98 % obtenus par son prédécesseur, Noursoultan Nazarbaïev, en 2015.

Ce scrutin vise à tourner la page d’une année difficile, mais aussi à consacrer le règne du président Tokaïev, 69 ans, qui s’efforce depuis des mois de réduire l’influence du clan de son puissant prédécesseur et mentor, Noursoultan Nazarbaïev, au pouvoir durant trois décennies. Arrivé au pouvoir en 2019 après la démission surprise de l’omnipotent Nazarbaïev, M. Tokaïev a officiellement entrepris de couper le cordon à la faveur de la crise de janvier après avoir longtemps été considéré comme l’homme de main de son prédécesseur.

Critique des observateurs de l’OSCE

Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, qui a choqué les anciennes républiques soviétiques, M. Tokaïev s’efforce de resserrer les liens avec la Chine, mais aussi avec l’Europe, pour faire contrepoids à l’influence russe. Ces derniers mois, il a reçu la visite des chefs d’Etat russe, turc, chinois, ainsi que de hauts responsables européens, et même du pape François.

Les observateurs électoraux internationaux de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont regretté dans un rapport que leurs recommandations « relatives aux libertés fondamentales et aux conditions d’éligibilité et d’inscription des candidats » soient « restées sans suite ». A Astana et Almaty, les deux plus grandes villes du pays, l’Agence France-Presse a vu plusieurs votants se prendre en photo devant les bureaux de vote, nombre d’électeurs invoquant l’« obligation » de montrer lundi la photo sur leur lieu de travail.

Le Monde avec AFP

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