le F-35 n’en finit pas de diviser la Suisse

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Le contrat suisse pour 36 F-35, doit être signé avant le 31 mars 2023, date d’expiration du délai de l’offre. Les opposants à ce marché et ceux qui le soutiennent s’affrontent à coup de pressions et d’arguments.

Le contrat des 36 F-35 n’en finit plus de diviser la Suisse. Cette semaine, Viola Amherd, ministre de la défense, s’est rendue aux Etats-Unis pour aborder le sujet. Rien n’a filtré sur les discussions avec Washington. Mais dans son pays, le débat reste vif sur le sujet.

La pétition “Stop F-35” lancée pour annuler cet achat approche des 90.000 signatures. Or, à 100.000, une votation sera obligatoire pour approuver ou rejeter le projet. Face à ce risque, la ministre a appelé en mars dernier les opposants à retirer leur initiative avec, pour nouvel argument, la guerre en Ukraine.

“On voit combien il est important de pouvoir se défendre, protéger la population et garantir que notre espace aérien ne soit pas utilisé par les parties en conflit”, a déclaré sur la RTS Viola Amherd.

La guerre en Ukraine

La réplique a été immédiate et ferme. En réponse à cette suggestion, le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) et le Parti socialiste suisse a publié un communiqué l’accusant de faire des pressions à la limite de la légalité.

“Cette demande est choquante du point de vue des droits démocratiques et démontre que le lobby de l’armement craint que de nouveaux scandales n’éclatent au grand jour”, affirment les signataires de ce communiqué.

Quant au risque d’une invasion de la Russie, le GSsA estime que ce scénario n’a “aucun sens”.

“Avant que le premier soldat russe ne pose le pied sur le sol suisse, une guerre nucléaire aurait déjà éclaté, car divers pays de l’OTAN auraient été attaqués auparavant”, assure le groupe dans un communiqué.

La tension monte entre les deux camps à l’approche du 31 mars 2023, date d’expiration du délai de l’offre. Passé ce délai, la Suisse se trouvera dans une situation compliquée. Berne perdra ses créneaux de production qui seront attribués aux autres contrats comme ceux avec la Finlande, l’Allemagne ou le Canada.

Un processus devra être lancé pour une nouvelle commande qui, quel que soit le constructeur, ne pourra pas être livré dans les temps. L’armée suisse doit remplacer dès 2030 une partie d’une flotte composée de 25 F-5 Tiger et les 30 F/A-18 Hornet. La survie de la Patrouille suisse, qui ne disposera plus d’avions autorisés à voler, serait même en jeu.

“Si nous dépassons le délai, la Suisse devra demander une nouvelle offre et cela coûtera plus cher”, a averti sur RTS Werner Salzmann, président de la commission de la politique de sécurité du Conseil des Etats qui vient d’approuver les crédits d’engagement de 8 milliards demandés par le Conseil fédéral.

La neutralité suisse en question

Viola Amherd ne lâche rien. Jeudi, dans un entretien à Blick, elle rappelle que les Suisses se sont déjà prononcés en faveur du contrat.

“La votation sur l’avion de combat a déjà eu lieu et je me permets de rappeler que la population a dit ‘oui'”, déclare la ministre. Elle ajoute: “partout où je me rends, les gens s’approchent de moi et me disent: “Il est temps d’acheter cet avion, maintenant, nous ne pouvons plus attendre!'”

La ministre de la Défense ouvre même un dossier plus sensible, celui de la neutralité. “Nous devons mener un large débat politique sur la politique de neutralité”, propose la ministre de la Défense.

Sur ce dossier elle a le soutien du parti centriste dont elle est issue. Son président, Gerhard Pfister, estime a demandé au Conseil fédéral d’autoriser l’Allemagne à exporter du matériel de guerre suisse vers l’Ukraine.

“Pourquoi la Suisse livre-t-elle des armes à l’Arabie saoudite, mais pas à l’Ukraine? À partir de quand la neutralité devient-elle indécente?”, a déclaré Gerhard Pfister lors d’une assemblée de son parti politique.

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