Le développement de l’Afrique freiné par l’insécurité et un recul de la démocratie

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Les progrès dans le développement humain et économique en Afrique sont freinés par un « recul généralisé de la démocratie » et une « situation sécuritaire de plus en plus tendue », selon l’indice de la fondation Mo Ibrahim publié mercredi 25 février qui évalue la gouvernance sur le continent.

« Même si le niveau moyen atteint par la gouvernance globale sur le continent est meilleur en 2021 qu’en 2012 », celui-ci « stagne depuis 2019 », note le rapport. « La majeure partie du continent est moins sûre et moins démocratique en 2021 qu’elle ne l’était en 2012 », poursuit le document qui souligne que la pandémie du Covid-19 a « accentué ces tendances préoccupantes ».

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L’indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) est fondé sur plus de 80 indicateurs classés en quatre sous-catégories : « sécurité et Etat de droit », « participation, droits et inclusion », « développement humain » et « fondements des opportunités économiques ».

« En 2021, près de 70 % de la population du continent vit dans un pays où les conditions en matière de sécurité et Etat de droit se sont dégradées depuis 2012 », déplore l’étude qui note également un fort recul de la liberté d’association et de réunion.

Entre 2012 et 2021, 23 coups d’Etat en Afrique

L’indice relève toutefois que plus de 90 % de la population du continent vit dans un pays où le niveau de développement humain – qui prend en compte les accès à la santé, l’éducation, la protection sociale et un environnement durable – est supérieur à celui de 2012.

Dans l’indice, les cinq pays les plus performants en matière de gouvernance, en prenant en compte l’ensemble des indicateurs, sont l’île Maurice, suivis des Seychelles, de la Tunisie, du Cap-Vert et du Botswana. Le Soudan du Sud est dernier derrière la Somalie et l’Erythrée. La Gambie est le pays dont la gouvernance a le plus progressé depuis 2012, alors qu’à l’inverse c’est en Libye qu’elle a le plus reculée.

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Le rapport s’attarde également sur une « inquiétante décennie de coups d’Etat récurrents au Sahel », dénombrant que sur 29 coups d’Etat dans le monde entre 2012 et 2021, 23 ont eu lieu en Afrique et principalement dans la région sahélienne.

Le Mali et le Burkina Faso, qui font face à des violences de groupes djihadistes sur leur sol et qui sont tous deux gouvernés par des juntes militaires, voient leurs indicateurs sécuritaires se dégrader fortement, dans l’indice.

L’homme d’affaires soudanais naturalisé britannique Mo Ibrahim, a créé sa fondation en 2006, dont le siège est à Londres et qui a pour mission de promouvoir la bonne gouvernance sur le continent africain.

Le Monde avec AFP

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