La Russie menace de fermer les bureaux de l’Agence juive à Moscou

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L’audience préliminaire, mercredi 27 juillet, devant un tribunal de Moscou, a confirmé la détermination du ministère russe de la justice. La mise en liquidation de la branche russe de l’Agence juive, un organe gouvernemental israélien chargé d’organiser l’alya – l’immigration juive vers Israël – pourrait être tranchée à l’automne. Le harcèlement judiciaire qui frappe l’Agence juive, et d’autres organisations de la communauté juive de Russie, est sans précédent depuis la fin de l’URSS. Ces signaux gouvernementaux rappellent de mauvais souvenirs aux centaines de milliers de juifs russes, qui ont subi un antisémitisme d’Etat durant l’époque soviétique. Le terme « refuznik » désignait alors ceux qui tentaient d’émigrer en Israël et devenaient la cible de persécutions administratives sans fin.

La surprise est de taille pour beaucoup de Juifs russes, qui pensaient ces risques liés à une époque révolue. « Vladimir Poutine était considéré par de nombreux juifs en Russie comme un bouclier. Force est de constater que le traitement des juifs en Russie n’a jamais été aussi positif que sous Poutine à bien des égards. Avec la montée en puissance des “siloviki” [dirigeants des structures de sécurité], l’antisémitisme russe sort du placard en quelque sorte, et une ligne plus proche des ennemis d’Israël est adoptée », décrypte Milan Czerny, chercheur spécialiste des relations russo-israéliennes. « On voit que des déclarations ouvertement antisémites ont été faites depuis le début de la guerre [en Ukraine] par [le ministre des affaires étrangères russe Sergueï] Lavrov ou dans les médias. S’attaquer aux organisations juives s’inscrit dans la continuité de ce point de vue », poursuit le chercheur.

Fuite des cerveaux

Le ministère de la justice n’a pas explicité la nature des infractions administratives qu’il reproche à l’Agence juive. Mais des articles dans des médias russes proches du ministère de la défense accusent l’organisme de favoriser une fuite des cerveaux vers Israël. D’autres raillent le départ de nombreuses vedettes du show-business et d’une élite riche et dépourvue de loyauté, remettant au goût du jour de vieux stéréotypes antisémites.

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Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février, Israël est devenu l’une des principales destinations d’une nouvelle vague d’émigration, un exode qui a inclus de nombreux employés du secteur des hautes technologies russe. Environ 16 000 ressortissants russes se sont enregistrés comme immigrants en Israël depuis le début de la guerre. Soit un triplement par rapport à l’année 2021. Chiffre auquel il faut ajouter 34 000 ressortissants russes entrés en tant que touristes.

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