La culture de l’opium en hausse depuis le retour des talibans en Afghanistan

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En Afghanistan, la culture du pavot à opium a augmenté de 32 % sur un an, selon le premier rapport sur le sujet depuis la prise de pouvoir par les talibans en août 2021, publié mardi 31 octobre par l’ONU. « Elle atteint désormais 233 000 hectares », alerte l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), notant que les prix de l’opium « se sont envolés » depuis que les talibans ont interdit la plantation de la fleur en avril 2022.

La récolte de cette année a été largement exemptée du décret. Les agriculteurs afghans doivent maintenant décider début novembre s’ils plantent du pavot à opium pour l’année prochaine sans savoir si les autorités vont appliquer l’interdiction, explique l’organisme basé à Vienne, en Autriche.

Ils sont « pris au piège de l’économie illicite des opiacés », selon la Directrice exécutive de l’ONUDC, Ghada Waly, citée dans un communiqué, qui appelle la communauté internationale à « intensifier les interventions ».

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L’Afghanistan est de loin le premier producteur mondial de pavot, dont sont extraits l’opium comme l’héroïne et « le revenu tiré par les agriculteurs de la vente d’opium a triplé » en un an, estime l’ONUDC. Passé de 430 millions d’euros en 2021 à 1,4 milliard d’euros en 2022, il est le « plus rentable enregistré depuis des années » et représente 29 % de la valeur agricole totale du pays, contre 9 % un an plus tôt.

Entre 80 % et 90 % de l’opium mondial

Cependant, l’augmentation des revenus ne s’est pas nécessairement traduite en pouvoir d’achat, car l’inflation a grimpé en flèche au cours de la même période, le prix des denrées alimentaires augmentant en moyenne de 35 %, dit l’ONUDC.

Les saisies d’opiacés dans les pays frontaliers de l’Afghanistan indiquent que le trafic d’opium et d’héroïne afghans n’a pas cessé. Entre 80 % et 90 % de l’héroïne et de l’opium dans le monde provient d’Afghanistan, principalement du sud-ouest du pays, selon l’ONU.

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La culture de la fleur avait été brièvement prohibée en 2000 par les talibans, quelques mois avant que le régime fondamentaliste ne soit renversé par la coalition internationale en réaction aux attentats du 11 septembre 2001.

Pendant leurs vingt ans de guérilla contre les forces étrangères, les talibans ont ensuite lourdement taxé les producteurs de pavot dans les régions sous leur contrôle, cette culture devenant ainsi une importante source de revenus pour eux. Les Etats-Unis et leurs alliés de l’Otan ont alors tenté d’inciter les paysans à produire du blé ou du safran. Des initiatives qui ont échoué, alors que les talibans contrôlaient les principales zones de production de pavot.

Le Monde avec AFP

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