Jean-Marc Aveline, un homme de la Méditerranée, choisi comme nouveau cardinal par le pape François

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Plus de trois cents catholiques marseillais devaient assister à Rome, samedi 27 août, à l’élévation de leur archevêque au rang de cardinal. Jean-Marc Aveline, 63 ans, recevra sa barrette (chapeau carré) pourpre des mains du pape François, en même temps que dix-neuf autres prélats venus d’Oulan-Bator (Mongolie) ou de Dili (Timor oriental), de Manaus (Brésil) ou de Wa (Ghana). Lundi et mardi, tous les cardinaux se retrouveront autour du chef de l’Eglise catholique pour deux journées consacrées à la nouvelle Constitution du Vatican, promulguée en mars.

Il reviendra, un jour, à ceux âgés de moins de 80 ans (132 après le consistoire de samedi) d’élire le prochain pape en cas de renonciation ou de décès. La réunion de lundi et mardi est importante car inusitée : c’est la première fois, depuis 2014, que François consulte tous ses cardinaux. Leur convocation, au printemps, a d’ailleurs relancé l’inépuisable rumeur de démission prochaine du souverain pontife. A tout le moins, cette réunion semble destinée à ébaucher le visage à venir de l’Eglise catholique.

Lire la tribune : Article réservé à nos abonnés « La renonciation éventuelle du pape François ne constitue pas une rupture avec la tradition catholique »

On appréciera mieux la distinction qui est faite à Jean-Marc Aveline lorsqu’on aura précisé qu’il est le premier Français de terrain à être fait cardinal par le pape argentin – seul un responsable de la curie romaine, Dominique Mamberti, a reçu ce titre depuis 2013.

Le choix des nouveaux cardinaux par François reflète son mode de gouvernance et ses priorités. Il s’est affranchi de la règle implicite, observée par ses prédécesseurs, selon laquelle les évêques de certains diocèses étaient faits systématiquement cardinaux. Ainsi, Paris, Venise, Bruxelles ou Washington n’ont actuellement pas d’« éminence » à leur tête. En revanche, il intègre au collège cardinalice des représentants de pays qui en étaient absents et où, souvent, l’Eglise catholique est très minoritaire. Il choisit aussi des personnalités qu’il apprécie et dont l’action fait écho aux caractéristiques de son pontificat.

Faire venir le pape à Marseille

Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille depuis trois ans seulement, avait de quoi attirer l’attention du pape argentin. Le premier des atouts est Marseille. De son bureau proche de Notre-Dame-de-la-Garde, il a une vue éblouissante sur la ville où il a grandi, où il a été ordonné prêtre en 1984, puis évêque en 2013, et où, fait rarissime, il a exercé presque tout son ministère.

« Cela m’a donné un point d’ancrage très fort, mais jamais enfermant, analyse-t-il, car j’ai eu la chance de beaucoup bouger, soit pour enseigner [à Lyon et à Paris], soit vers les autres rives de la Méditerranée. A l’image de la vocation de cette ville : ancrée, mais pas fermée. »

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