Iran : l’ONU dénonce un « durcissement » dans la répression des manifestants

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Les opposants iraniens font face à une répression toujours plus féroce. L’ONU a dénoncé mardi 22 novembre le « durcissement » de la réponse du régime aux manifestations et réclamé aux autorités d’imposer un moratoire immédiat sur la peine de mort.

« Le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, déclare que le nombre croissant de décès dus aux manifestations en Iran, dont ceux de deux enfants ce week-end, et le durcissement de la réponse des forces de sécurité soulignent la situation critique dans le pays », a alerté le porte-parole des Nations unies Jeremy Laurence, lors d’un point de presse régulier à Genève.

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« Nous demandons instamment aux autorités de répondre aux demandes de la population en matière d’égalité, de dignité et de droits, au lieu d’utiliser une force inutile ou disproportionnée pour réprimer les manifestations », a-t-il ajouté tout en disant regretter que « l’absence d’obligation de rendre des comptes concernant les violations flagrantes des droits humains en Iran persiste et contribue aux griefs croissants ».

Plus de 300 morts

Ces manifestations ont été déclenchées par la mort, le 16 septembre, de Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans, après son arrestation pour avoir enfreint les règles vestimentaires, très strictes, inspirées par la charia, qui s’appliquent aux femmes dans le pays. Depuis le début des manifestations, plus de 300 personnes ont été tuées, dont plus de 40 enfants, selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

L’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, a fait état d’un bilan d’au moins 378 personnes, dont 47 enfants, tuées au cours de la répression des manifestations. Selon le Haut-Commissariat, deux garçons de 16 ans figurent parmi les six personnes tuées au cours du dernier week-end.

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Au total, « des manifestants ont été tués dans vingt-cinq des trente et une provinces iraniennes, dont plus de 100 au Sistan-et-Baloutchistan », a affirmé le porte-parole onusien, qui rappelle par ailleurs que les autorités iraniennes ont également avancé qu’un certain nombre de membres des forces de sécurité ont été tués depuis le début des manifestations. Des milliers de personnes ont été arrêtées dans tout le pays pour avoir participé à des manifestations pacifiques, selon l’ONU.

Le Haut-Commissariat appelle à libérer « toutes les personnes détenues en relation avec l’exercice de leurs droits, y compris le droit de réunion pacifique, et à abandonner les charges retenues contre elles », et il invite l’Iran à « imposer immédiatement » un moratoire sur la peine de mort. « L’agence internationale est particulièrement inquiète face au durcissement de la répression dans les villes kurdes », a dit M. Laurence.

L’ONU juge enfin « particulièrement préoccupant » le refus des autorités iraniennes de remettre les corps des personnes tuées à leurs familles, « de même que le fait qu’elles subordonnent la remise des corps à la condition que les familles ne parlent pas aux médias ou acceptent de donner une fausse version de la cause du décès ».

Arrestation de 40 étrangers en lien avec les émeutes

La justice iranienne a annoncé mardi l’arrestation en deux mois de « 40 étrangers » accusés d’implication dans les « émeutes » en Iran. Le porte-parole de l’autorité judiciaire, Massoud Sétayechi, n’a précisé ni leur nationalité, ni le moment, ni le lieu de leur arrestation.

Au début d’octobre, les autorités iraniennes avaient déjà confirmé l’arrestation de neuf étrangers, originaires entre autres de Pologne, d’Italie et de France, et accusés de lien avec le mouvement de contestation. Selon l’agence officielle iranienne Mizan Online, M. Sétayechi a précisé que « des verdicts contre 2 432 personnes » accusées d’implication dans les « émeutes » avaient été prononcés jusqu’à présent en Iran. Il n’a pas détaillé les condamnations, mais les peines prononcées pour tous ces accusés peuvent faire l’objet d’un appel devant la Cour suprême.

Le tribunal révolutionnaire de Téhéran a déjà condamné à mort six prévenus reconnus coupables d’être des « mohareb » (« ennemis de Dieu » en persan) ou pour « corruption sur terre », dans le cadre des manifestations en Iran.

Le Monde avec AFP

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