Guerre Israël-Hamas : l’Etat hébreu toujours uni derrière son armée

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Le lieutenant-colonel Idan Sharon Kettler, commandant adjoint de l’Unité de collecte des équipements militaires ennemis, montre à la presse des explosifs ayant servi lors de l’attaque du 7 octobre 2023 et dont il attribue la fabrication au Hamas, sur une base militaire au sud-est de Tel-Aviv, en Israël, le 16 novembre 2023.

Comment parvenir à convaincre le monde que les destructions opérées à Gaza par l’armée israélienne dans le cadre de son offensive contre les forces du Hamas – et qu’elle déclare « étendre », lundi 20 novembre – se justifient pleinement en raison de l’usage que fait le groupe armé islamiste des infrastructures civiles, et ce malgré les vidéos qui donnent à voir l’étendue des ravages humains qu’elle engendre ? Ce combat est d’une nature aussi complexe que ceux menés par l’infanterie et les blindés, dans l’environnement urbain saccagé de la bande de Gaza.

Dimanche soir, 19 novembre, au 44e jour de la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas, le 7 octobre, l’armée israélienne a diffusé de nouveaux éléments destinés à démontrer que l’hôpital Al-Shifa, le plus grand de la bande de Gaza, où ses troupes sont en opération depuis cinq jours, constituait bien un centre opérationnel du Hamas. « C’est important pour la légitimité d’Israël, pour qu’on comprenne que nous avons besoin de temps, mais aussi pour qu’on sache que quand nous ciblons des endroits comme cela, ce sont des objectifs militaires légitimes », affirme Yaakov Amidror, ex-conseiller à la sécurité nationale.

Des dates, des noms et "dormir" sont écrits sur un mur de la vieille ville de Jérusalem, le 16 novembre 2023.

Mais, pour l’instant, la hiérarchie militaire israélienne peine à étayer la thèse faisant d’Al-Shifa l’un des QG du mouvement islamiste. Les journalistes occidentaux conduits dans les blindés de l’armée dans deux hôpitaux de Gaza, dont Al-Shifa, ont fait part de leurs interrogations sur le sens à accorder à l’ensemble des éléments de preuve présentés : des armes légères, des explosifs, des traces supposées d’un lieu de détention d’otage, des entrées de tunnel. L’armée a diffusé dimanche une vidéo présentée comme celle d’un tunnel long de « 55 mètres » creusé sous l’hôpital.

Versions divergentes

Pour renforcer le propos, des enregistrements de caméras de surveillance ont été diffusés dimanche soir montrant deux otages – un Népalais et un Thaïlandais qui travaillaient dans les kibboutz adjacents à Gaza, selon le porte-parole de l’armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari – être conduits de force à l’intérieur de l’hôpital. L’un d’eux, couvert de sang, est allongé sur un lit roulant.

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« Ces découvertes prouvent que l’organisation terroriste Hamas a utilisé l’hôpital Al-Shifa comme une infrastructure terroriste », a déclaré l’armée. Une accusation contestée par le Hamas. « Le porte-parole de l’armée se comporte comme s’il avait découvert quelque chose d’incroyable, a déclaré Izzat Al-Rishq, un haut responsable du mouvement islamiste. Mais nous avons déclaré il y a déjà longtemps que la résistance a transféré des prisonniers dans l’hôpital pour qu’ils y soient traités, notamment après que certains d’entre eux ont été blessés dans les bombardements de l’armée d’occupation. »

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