Guerre Israël-Hamas : « Comment résoudre les drames hérités du XXᵉ siècle pour qu’ils ne nous empêchent pas de répondre à ceux du XXIᵉ ? »

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Même en ce moment de ténèbres dans le conflit israélo-palestinien, aucun effort ne doit être épargné pour renouer les pourparlers de paix : nous ne pouvons laisser la flamme s’éteindre. Mais dès qu’il s’agit de savoir quels leviers politiques mobiliser pour agir effectivement, les réponses réalistes manquent.

Que peuvent faire les artisans de paix, alors que ce conflit fragilise un peu plus nos sociétés et accentue un désordre mondial qui complique la coordination sur les grandes questions communes comme le climat, la santé ou l’intelligence artificielle ? Comment traiter à la fois l’urgence tragique et les défis existentiels, comment résoudre les drames hérités du XXe siècle pour qu’ils ne nous empêchent pas de répondre à ceux du XXIe ?

Soulager les souffrances de la population gazaouie

La réponse se décline sans doute en trois échelles de temps, que la sixième édition du Forum de Paris sur la paix – qui se tient du 9 au 11 novembre [au Palais Brongniart, à Paris] – essaiera d’articuler.

A court terme, il faut que les armes se taisent le plus tôt possible et que le droit de la guerre soit intégralement respecté. Cette phase du conflit doit être accompagnée par une action résolue des Européens pour soulager les souffrances de la population gazaouie. C’est l’objectif de la conférence humanitaire internationale du jeudi 9 novembre, réunie [à Paris] par la France pour mobiliser et accentuer ce soutien de tous : Etats, ONG, institutions internationales.

Cette conférence est d’autant plus importante qu’il faut empêcher que le fossé ne se creuse trop profondément entre les populations de la région, mais aussi entre l’Occident et le reste du monde, créant un environnement encore plus défavorable à des négociations futures. Or, le piège terroriste du 7 octobre visait, comme celui du 11 septembre 2001, à radicaliser les positions.

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Pour conjurer la rhétorique du choc des civilisations comme celle de la coupure Nord-Sud, les Européens doivent d’une part assumer la diversité de leurs positions sur cette question – le « Nord » n’est pas plus uni que ne l’est le « Sud » – et renforcer leur soutien au droit international. Ils doivent aussi démonter l’accusation du « deux poids, deux mesures » qui compare leur réponse face à la situation en Ukraine et leur réponse face au conflit israélo-palestinien.

Les ennemis de la solution à deux Etats

A moyen terme, la paix passe par la diplomatie, et c’est sans doute le plus difficile. La perspective d’un règlement politique durable, qui paraissait à portée de main au milieu des années 1990, s’est éloignée à perte de vue jusqu’à presque disparaître. Les ennemis de la solution à deux Etats, notamment l’extrême droite israélienne et le Hamas, ont été des alliés objectifs pour la rendre impossible.

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