Guerre en Ukraine. Poutine vante les armes russes, une base de Wagner frappée… Le point au 173e jour

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Près de six mois après le début de la guerre en Ukraine, où son armée a obtenu des résultats moins bons que prévu, le président Vladimir Poutine a vanté ce lundi 15 août l’armement russe. Son ministre de la Défense s’est entretenu avec le secrétaire général de l’Onu à propos de la centrale nucléaire de Zaporijjia, visée par des tirs.

De son côté, Kiev a affirmé avoir mené une frappe sur une base du groupe paramilitaire Wagner dans l’est de l’Ukraine et avoir détruit un pont près de la ville occupée de Melitopol, dans le Sud-Est.

Dans l’est du pays, le tribunal séparatiste de Donetsk soutenu par la Russie a accusé cinq ressortissants étrangers capturés lors de combats avec les forces ukrainiennes d’être des mercenaires, et a annoncé que trois d’entre eux risquaient la peine de mort, selon des médias russes relayés par Reuters.

Par ailleurs, des signes de division sont apparus à Oslo entre les pays nordiques et l’Allemagne au sujet d’une limitation des visas touristiques délivrés aux Russes.

Voici ce qu’il faut retenir au 173e jour de la guerre en Ukraine.

Le chef du Kremlin loue les armes russes

En pleine intervention militaire en Ukraine où ses troupes ont essuyé des revers, le président Vladimir Poutine a fait l’éloge des armes de fabrication russe auprès de ses alliés étrangers ce lundi, assurant qu’elles avaient fait leurs preuves sur le champ de bataille.

« Nous sommes prêts à proposer à nos alliés et partenaires les types d’armes les plus modernes, des armes d’infanterie aux engins blindés, en passant par l’artillerie, l’aviation de combat ou les drones », a déclaré le chef du Kremlin.

« Partout dans le monde, [ces armes] sont appréciées par les professionnels pour leur fiabilité, leur qualité et, surtout, pour leur haute efficacité. Elles ont quasiment toutes été employées à maintes reprises dans des conditions de combat réelles », a-t-il poursuivi au premier jour d’un salon international de l’armement organisé pendant une semaine à Koubinka, dans la région de Moscou, où sont attendus environ 1 500 participants.

Vladimir Poutine a assuré que la Russie avait « beaucoup d’alliés », évoquant en particulier en Amérique latine, en Asie et en Afrique. « Ce sont des États qui ne fléchissent pas devant une soi-disant hégémonie », a-t-il estimé.

La formation de militaires étrangers en Russie offre aussi de « grandes perspectives », a-t-il indiqué, invitant en outre les alliés de Moscou à participer à des manœuvres militaires communes avec la Russie.

Pourtant, jusqu’à présent, la guerre en Ukraine n’a pas été une vitrine convaincante pour l’industrie de l’armement russe. Les forces du dirigeant russe ont été repoussées en plusieurs endroits de l’Ukraine et n’ont progressé que lentement, au prix de lourdes pertes, dans l’est du pays.

Des analystes militaires occidentaux estiment que les « mauvaises performances » des troupes et de l’armement russe en Ukraine pourraient rendre les exportations d’armes de Moscou moins attrayantes pour les acheteurs potentiels.

Malgré ces difficultés, le directeur de l’agence fédérale russe de la coopération en armement, Dmitri Chougaev, a affirmé ce lundi à l’agence Ria-Novosti que la Russie avait signé pour 16 milliards de dollars (15,7 milliards d’euros) de nouveaux contrats d’exportation d’armes en 2022.

Entre 2017 et 2021, la Russie a été le deuxième exportateur d’armement, avec 19 % du marché mondial, selon le Stockholm Institute (Sipri), des chiffres en baisse continue ces dernières années, d’après cette source.

Négociations entre Russie et Onu pour sécuriser la centrale nucléaire de Zaporijjia

Russie et Onu ont évoqué ce lundi par téléphone une meilleure sécurisation de la centrale nucléaire de Zaporijjia, visée par des bombardements et faisant craindre une catastrophe nucléaire.

« Sergueï Choïgou a mené des négociations téléphoniques avec le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, concernant les conditions d’un fonctionnement sécurisé de la centrale nucléaire de Zaporijjia », a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, avait été prise début mars par les troupes russes, au début de leur offensive à grande échelle en Ukraine, lancée le 24 février.

Depuis fin juillet, plusieurs frappes, dont les deux parties s’accusent mutuellement, ont visé le site, provoquant jeudi dernier une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’Onu.

Kiev accuse Moscou d’utiliser la centrale comme base d’attaque et comme dépôt de matériel. Soutenue par ses alliés occidentaux, l’Ukraine appelle à la démilitarisation de la zone et au retrait des forces de Moscou.

L’Ukraine revendique la destruction d’une base du groupe Wagner

L’Ukraine a affirmé ce lundi avoir frappé une base du groupe paramilitaire Wagner, dont les hommes sont accusés de combattre aux côtés des troupes russes, dans l’est du pays, et avoir détruit un pont près de la ville occupée de Melitopol, dans le Sud-Est.

Selon le gouverneur de la région de Lougansk, la base du groupe Wagner dans la ville de Propasna a été « détruite par une frappe de précision ». Le tir a eu lieu dimanche, a précisé Serguiï Gaïdaï sur Telegram.

Très opaque, le groupe Wagner est réputé comme étant lié à l’oligarque russe Evguéni Prigojine, lui-même considéré comme un proche de Vladimir Poutine.

Les autorités ukrainiennes ont également affirmé que des saboteurs pro-Kiev étaient parvenus à faire sauter un pont ferroviaire près de la ville de Melitopol (région de Zaropijjia, sud), occupée par l’armée russe, dans un nouvel effort pour perturber la logistique des troupes de Moscou.

« Un pont ferroviaire en moins au sud-ouest de Melitopol signifie une absence totale de trains militaires depuis la Crimée », péninsule annexée en 2014 par la Russie et essentielle aux ravitaillements de l’armée russe, a annoncé sur Telegram le maire de Melitopol Ivan Fedorov.

L’Ukraine a visé plusieurs ponts ces dernières semaines, principalement dans la région occupée de Kherson (au sud), où Kiev dit mener une contre-offensive ayant permis de reprendre des dizaines de villages et menacer désormais les troupes russes ayant traversé le fleuve Dniepr.

Trois morts dans la région d’Odessa et bombardements sur Kharkiv

Par ailleurs, trois estivants ont été tués ce lundi et deux autres blessés par un « engin explosif inconnu », alors qu’ils se baignaient sur une plage à Zatoka, une populaire station balnéaire dans la région d’Odessa (sud), a annoncé sur Telegram un porte-parole des autorités régionales, Serguiï Bratchouk.

Dans la matinée, des bombardements russes sur Kharkiv (nord-est), la deuxième ville du pays, ont fait au moins un mort et six blessés, a indiqué sur Facebook un haut responsable de la police locale, Serguiï Bolvinov.

Cinq étrangers accusés d’être des mercenaires par un tribunal séparatiste à Donetsk

Un tribunal séparatiste soutenu par la Russie à Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, a accusé ce lundi cinq ressortissants étrangers capturés lors de combats avec les forces ukrainiennes d’être des mercenaires, et a déclaré que trois d’entre eux risquaient la peine de mort, selon des médias russes relayés par Reuters.

Le Britannique John Harding, le Croate Vjekoslav Prebeg et le Suédois Mathias Gustafsson, qui ont été capturés dans et autour de la ville portuaire de Marioupol, risquent une peine de mort en vertu des lois de la République populaire autoproclamée de Donetsk, a indiqué l’agence de presse russe TASS.

Deux autres Britanniques, Dylan Healy et Andrew Hill, ont également été inculpés mais ne risquent pas d’être exécutés. Les cinq accusés ont plaidé non coupable, a rapporté TASS. Selon elle, le juge a déclaré que le procès reprendrait début octobre.

Pays nordiques et Allemagne divisés sur les visas touristiques russes

Les pays nordiques et l’Allemagne ont affiché ce lundi, à Oslo, des signes de division sur une limitation des visas touristiques délivrés aux Russes en réponse à l’invasion de l’Ukraine.

« Les Russes ordinaires n’ont pas commencé la guerre mais, en même temps, nous devons comprendre qu’ils soutiennent la guerre », a déclaré la Première ministre finlandaise Sanna Marin à l’issue d’une réunion entre les chefs des gouvernements nordiques et allemand.

« Ce n’est pas juste que les citoyens russes puissent entrer en Europe, dans l’espace Schengen, être touristes […] pendant que la Russie tue des gens en Ukraine », a-t-elle dit lors d’une conférence de presse commune.

Le ministère finlandais des Affaires étrangères a présenté début août un plan pour limiter les visas touristiques délivrés aux Russes souhaitant aller dans le pays, et Helsinki souhaiterait une décision au niveau européen.

Depuis l’interdiction des vols de la Russie vers l’UE, les touristes russes sont de plus en plus nombreux à se rendre dans le pays nordique, qui partage une longue frontière avec la Russie, pour transiter vers d’autres États européens.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a, lui, exprimé ses réserves à l’égard d’une telle mesure.

« C’était une décision importante de notre part d’imposer des sanctions contre ceux qui sont responsables de la guerre […], a-t-il souligné. Nous continuerons de le faire mais je pense que ce n’est pas la guerre du peuple russe, c’est la guerre de Poutine. »

Selon lui, une limitation des visas touristiques pénaliserait aussi « tous les gens qui fuient la Russie parce qu’ils sont en désaccord avec le régime russe ».

Par la voix de sa Première ministre Magdalena Andersson, la Suède a indiqué ne pas avoir arrêté sa position sur ce sujet, tandis que le Danemark a appelé à maintenir l’unité européenne face à Moscou.

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