Guerre en Ukraine : Moscou et Kiev se disputent Kherson

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Lancée le 29 août, la contre-offensive des troupes ukrainiennes dans la région de Kherson, au sud du pays, s’est jusqu’ici révélée laborieuse. Retranchées sur la rive droite du fleuve Dniepr, les forces russes y livrent depuis deux mois une âpre résistance, malgré les frappes de l’artillerie de Kiev et la prise régulière de localités par les avant-gardes ukrainiennes. Mais la situation pourrait s’accélérer et les Ukrainiens s’emparer de la capitale régionale, conquise le 2 mars par l’armée russe avant d’être annexée le 30 septembre par Moscou, ce qui marquerait un nouveau revers pour Vladimir Poutine.

Selon différents témoignages publiés sur les réseaux sociaux, les forces russes auraient entamé leur retrait de la poche de Kherson. Les bureaux de l’administration régionale, occupés depuis le début de la guerre par les Russes, ont été abandonnés, tout comme plusieurs points de contrôle situés dans la banlieue nord de la ville, seule capitale d’oblast conquise depuis le 24 février. Les soldats de l’ex-armée rouge auraient également détruit la plupart des embarcations civiles permettant de traverser le fleuve, ainsi que des infrastructures de télécommunication, donnant le sentiment de préparer leur départ.

La ville de Kherson, qui comptait quelque 280 000 habitants avant le conflit, s’est aussi vidée progressivement de sa population. Le 22 octobre, les autorités prorusses de la région ont ordonné aux civils d’évacuer « immédiatement » vers l’est, évoquant une « situation tendue sur le front » et « un danger accru de bombardements massifs ». De nombreuses images et témoignages attestent du pillage des logements vides par les soldats russes, qui embarquent téléviseurs, lave-linge et même W.-C. dans leurs camions. « Les forces russes préparent les conditions d’un retrait contrôlé dans le nord-ouest de l’oblast de Kherson, susceptible d’éviter une déroute désordonnée », confirme l’Institute for the Study of War dans son compte rendu du 4 novembre.

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« La situation est claire comme de la boue »

Certains analystes s’interrogent néanmoins sur les réelles intentions de Vladimir Poutine et sur la possibilité d’une opération dite de « déception », terme militaire désignant une manœuvre destinée à tromper l’ennemi. « La situation à Kherson est claire comme de la boue, met en garde Michael Kofman, l’un des meilleurs spécialistes du conflit, chercheur au centre naval d’Arlington, dans une analyse publiée le 3 novembre. Les forces russes semblent se retirer (…) mais aussi se renforcer avec du personnel mobilisé. Les combats y sont difficiles. » Comprendre : la prise de la ville pourrait encore prendre du temps.

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